France - Maroc - Racisme
Football : Abdeslam Ouaddou parrain du site « Non au racisme »
L’international marocain s’engage dans la lutte contre le racisme dans les stades
« La haine dans le football, ça suffit ! ». Pour lutter contre le racisme qui gangrène les stades, Abdeslam Ouaddou, l’international marocain qui joue à Nancy, en France, a accepté de parrainer le site internet « Non-au-racisme ». En février dernier, il avait lui-même été victime d’insultes racistes de la part d’un supporter lors d’un match contre le FC Metz.

Supporters, entraineurs et joueurs. Le racisme touche tout le monde du football. Il est présent dans les tribunes, mais aussi sur les bancs et les terrains. Cris de singe, insultes, banderoles racistes ou gestes fascistes et nazis, l’intolérance et la haine se déclinent sous plusieurs formes dans les stades. Vincent Pakula, fondateur de Maxifoot.fr, est à l’origine du site internet Non-au-racisme lancé le 3 décembre dernier. Il n’entend pas rester les bras croisés face à ce « fléau national ». A travers son initiative, il espère « apporter une pierre à l’édifice » de la lutte contre le racisme. Il a un soutien de premier ordre. L’international de foot marocain Abdeslam Ouaddou, qui joue à l’AS Nancy, a accepté de parrainer son initiative.

Lui-même victime d’insultes racistes le 16 février dernier, lors d’un match contre le FC Metz, le footballeur espère, à travers son parrainage, « sensibiliser, dénoncer et combattre les discriminations afin que les stades restent des endroits de fête et pas de haine ». Sur le site Non-au-racisme, les internautes peuvent s’engager en signant une « charte de bonne conduite du supporter ». Par cet engagement symbolique, le signataire s’engage à faire preuve de tolérance et de respect et à « considérer tout joueur ou supporter adverse comme son égal ».

Reflet des tensions dans la société

L’international marocain ne « cherche pas à devenir un symbole ». Il espère juste « contribuer à son niveau (…) pour toucher le plus de monde possible ». La France n’est malheureusement pas la seule concernée par ce type de comportements. Les stades d’Espagne, d’Italie ou encore des pays de l’est connaissent une inflation de ces actes. Abdeslam Ouaddou pense que « même si heureusement il s’agit de minorités, celles-ci reflètent pourtant les tensions présentes dans la société ». Le rugby, sport moins populaire que le foot est, lui, moins touché par le phénomène.

Le joueur marocain de 30 ans considère que les sifflets qui ont retenti le 14 octobre dernier au Stade de France au moment où la Marseillaise a été chantée représentent également des actes de racisme envers la France et son équipe. Le déroulement en province des matchs contre les équipes du Maghreb, proposé au lendemain de l’incident par Bernard Laporte, secrétaire d’Etat chargé des Sports, « n’est pas la bonne solution pour autant », selon le footballeur. C’est à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) ou à l’Union des associations européennes de football (UEFA) de s’occuper de ces questions. Des mesures sont prévues contre les actes racistes quelle que soit leur cible. « Les stadiers doivent être mieux formés et les arbitres peuvent interrompre temporairement une rencontre si besoin », rappelle-t-il.

Le carton de la honte

L’arbitre présent le 16 février dernier lors du match contre Metz avait un autre point de vue, semble-t-il. Insulté pendant toute la première mi-temps, le Nancéen avait fini par monter dans les tribunes pour s’expliquer directement avec le supporter. Son acte lui avait valu un carton jaune alors qu’il assure avoir alerté à plusieurs reprises l’arbitre pour qu’il intervienne. Il aurait préféré que le carton lui soit « symboliquement retiré » mais rien n’ayant été fait, il continue de l’appeler encore aujourd’hui « le carton de la honte ». La justice lui avait pourtant donné raison en condamnant le supporter.

Pour éviter d’en arriver aussi loin, le joueur aimerait que tout le monde s’implique et ce même en dehors des stades. « L’école, les associations, les éducateurs, les dirigeants mais surtout les parents ont un rôle à jouer pour que le discours de la tolérance soit entendu ».

Consulter :

- Non au racisme

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