dossier : Can 2004

Le nouvel ordre africain
Le maghreb sort grandit de la Can 2004
Après deux finales et deux participations comme pays organisateur, la Tunisie a enfin remporté, chez elle, sa Coupe d’Afrique des Nations de football. La Can 2004 a été marquée par une remontée en force des pays maghrébins et par une terrible désillusion pour les ogres camerounais et sénégalais.

Fini les Lions... Les Aigles de Carthage sont les champions d’Afrique 2004. La Tunisie a attendu d’organiser une troisième Coupe d’Afrique des Nations (Can), après 1965 et 1994, pour enfin remporter la sienne. Et ainsi égaliser avec ses voisins maghrébins à une Can partout. Leur titre a d’autant plus de valeur que les Tunisiens ont dû se défaire du Sénégal et du Nigeria, en quart et demi-finale, pour arriver à leurs fins. Beaucoup voyaient la sélection tunisienne, chez elle, bien figurer, mais peu la donnaient ne serait-ce que demi-finaliste. Durant leur préparation à la Can, les Aigles ont pourtant battu quelques unes des plus grandes nations du football africain. Le plus souvent à Radès, qui a fini par devenir leur jardin : ils y ont terrassé le Cameroun, le 30 mars dernier (1-0), le Sénégal (1-0), le 30 avril, la Côte d’Ivoire, le 10 septembre, (3-2, à El-Menzah), ou encore l’Afrique du Sud, le 19 novembre (2-0). La Tunisie termine la compétition avec huit buts, derrière le Maroc et le Mali, qui en ont inscrit neuf.

Fini les Lions ? Peut-être pas, puisque ceux de l’Atlas, finalistes, sonnent leur grand retour. Depuis quatorze ans, les Marocains ne s’étaient signalés que par une demi-finale en 1988, chez eux, et un quart de finale en 1998, en Afrique du Sud. Meilleur attaque de la Can, l’équipe marocaine se signale également comme la défense la plus hermétique de la compétition.

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L’Algérie participe à sa façon à la renaissance du football maghrébin. Chanceux pour s’extirper de leur poule, après avoir écarté une redoutable sélection égyptienne, les Fennecs ont finalement perdu leur meilleur match, en quart de finale, face au Maroc, en montrant plus que de la vaillance. Parler d’une renaissance du football maghrébin n’implique pas une baisse de niveau du football subsaharien, dans son ensemble. Mais les poids lourds sénégalais et camerounais (tenant du titre), tant attendus, sont tombés de haut.

Tombés des nus

Les Sénégalais, que d’aucuns, parfois au sein même de l’équipe, disaient atteints d’un complexe de supériorité, ne se sont montrés à aucun moment capables de faire circuler le ballon comme une véritable équipe. Les individualités qui composent la sélection sénégalaise, sans liant, n’ont pu, seules, faire la différence. Même le double ballon d’or africain, El Hadji Diouf, n’a rien pu faire. Ni par ses pénétrations destructrices pour les défenses adverses et encore moins par son attitude déplorable, dans les dernières minutes du quart de finale contre la Tunisie. Pour leur part, les Lions Indomptables, qui ont joué cette Can sans numéro 10, ont par moment développé du très beau jeu. Notamment face à l’Algérie et au Zimbabwe. Mais la présence d’un véritable milieu de terrain leur a fait défaut face au Nigeria, lorsque les ailiers camerounais n’ont pu, à eux seuls, faire la différence.

Les Super Eagles sont bien parvenus jusqu’en demi-finale, mais sans convaincre. Sans doute trop dépendants du talent de leur milieu de terrain, Jay-Jay Okocha, élu meilleur joueur de la compétition. L’encadrement technique de la sélection nigériane, qui a autorisé que le joueur de Bolton (Premier League) et son compatriote d’Arsenal, Nuanko Kanu, ne soient libérés que quatre jours avant le début de la Can, est sans doute pour quelque chose dans l’absence de collectif au sein de l’équipe. Le Mali a confirmé sa stature de valeur sûre du continent africain, en se plaçant à la quatrième place de la compétition. Mais les Aigles, qui avaient déjà terminé à cette place en 2000, attendaient autre chose de cette Can. Surtout après que l’attaquant franco-malien de Tottenham, Frédéric Kanouté, ait décidé de les rejoindre. Parmi toutes ces équipes au jeu parfois trop « européen », le rayon de soleil est venu de la Guinée, de sa jeunesse et de son enthousiasme. Le Syli National avait les moyens d’aller loin, mais il est sorti en quart de finale, face au Mali, suite à une faute de main de son gardien.

Les nations africaines retrouveront vite l’occasion de modifier le nouvel ordre issu de la Can 2004. Tunisie et Maroc se retrouvent ainsi dans le même groupe des éliminatoires à la Coupe du monde 2006. Idem pour le Sénégal et le Mali. La Côte d’Ivoire, grand absent de la Can 2004, pourra prouver sa valeur en essayant de prendre la seule place qualificative de son groupe. Elle y retrouvera notamment l’Egypte et le Cameroun.


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