- Politique
CAF : abasourdi et remonté, Hayatou veut rester important
Dépossédé de son titre de président de la CAF par le Malgache Ahmad Ahmad jeudi, Issa Hayatou est tombé de haut. S’il accuse la FIFA d’avoir fomenté son éviction, le dirigeant camerounais souhaite néanmoins collaborer avec son successeur. Une énième tentative de s’accrocher au pouvoir qu’il détenait depuis 1988 ?

C’est une page importante de l’histoire du football africain qui s’est tournée jeudi à Addis-Abeba. Président omnipotent de la CAF depuis 29 ans, Issa Hayatou a été désavoué par l’assemblée générale de l’instance qui lui a refusé un 8e mandat consécutif, préférant porter à sa tête le Malgache Ahmad Ahmad. Pourtant fin politicien, le Camerounais n’avait pas senti venir ce coup-là, lui qui s’est contenté d’effectuer une campagne minimaliste, sous-estimant son adversaire.

Cueilli à froid pas ce résultat, l’ex-président intérimaire de la FIFA a adopté l’attitude d’un mauvais perdant à l’issue du scrutin. "Voilà 29 ans que je suis à la tête de la Confédération africaine de football, mais visiblement certains pensent que je suis vieux et qu’il faut que je parte ! Sepp Blatter a été réélu à la tête de la FIFA à 79 ans, mais personne n’en a parlé, là !", a lancé le dirigeant au moment de quitter l’assemblée.

"Nous tourner le dos, c’est impossible !"

Hayatou a ensuite ciblé plus ouvertement encore l’instance dirigeante du ballon rond puisqu’il s’en est pris verbalement à la secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura, rapporte RFI. "Je sais que vous avez fait campagne contre moi !", aurait lancé le président sortant, remonté et évacué par l’ancien buteur Roger Milla, très menaçant à l’égard des journalistes présents sur place. Pour autant, Hayatou, fustigé pour son ivresse du pouvoir depuis belle lurette, n’entend pas disparaître des radars du jour au lendemain. Malgré ses 70 ans, le Camerounais veut rester un personnage qui compte.

"Sachez Monsieur le nouveau président que je suis à votre disposition, si jamais vous avez besoin de mon expérience. On ne peut pas avoir bâti l’organisation de la CAF pendant 29 ans et nous tourner le dos, c’est impossible !", aurait lâché le dirigeant. Et son successeur se montre plutôt ouvert à cette éventuelle collaboration. "J’ai une culture arabo-islamique dans laquelle le respect des aînés prévaut. Donc, il m’a offert cette opportunité et je vais la saisir", a assuré le Malgache à RFI. Malgré ce discours d’ouverture, la présence du Camerounais risque rapidement de devenir trop encombrante…


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