Algérie
Retro Afrik : Rachid Mekloufi, footballeur révolutionnaire
Ils ont marqué le football à leur façon et leurs performances sont encore gravées dans les esprits. A travers une série de portraits remis au goût du jour, Afrik-Foot rend hommage aux premiers ambassadeurs de tout un continent, qui ont réussi à porter haut les couleurs de l’Afrique.

Tout commence l’été 1954. Repéré par un recruteur stéphanois, un jeune et frêle joueur à peine âgé de 18 ans, arrive en France en provenance de Sétif, en Algérie. C’est le début d’une grande histoire d’amour entre deux futures légendes, Rachid Mekloufi, qui deviendra le meilleur footballeur algérien de son époque, et l’AS Saint-Etienne qui s’imposera bientôt comme le premier club français des années 60 et 70.

Lorsque Rachid Mekloufi arrive à Saint-Etienne en 1954, l’Algérie est alors un département français. Le jeune footballeur n’a jamais joué sur une pelouse avant de découvrir le stade Geoffroy-Guichard sous l’œil critique de son nouvel entraîneur, Jean Snella, vieille gloire du football français. Quelques jours plus tard, il débute son premier match en tant que meneur de jeu, inscrit trois buts et s’impose dans les cœurs Stéphanois.

Il partage l’attaque des Verts avec Eugène N’Jo Léa, devenu par la suite diplomate au Cameroun, et, en 1956-1957, ils offrent à l’AS Saint-Etienne (ASSE) son premier titre de champion de France en marquant 54 buts à eux deux ! Puis la saison suivante, c’est le premier match de coupe d’Europe des Verts, en Ecosse à Ibrox Park, l’antre des Glasgow Rangers, et c’est Rachid qui ouvre le score, marquant le premier but européen de Saint-Etienne.

Le pays avant tout

1958, la Guerre d’Algérie bat son plein, une douzaine de joueurs algériens, dont Rachid Melkoufi, quittent la France pour rejoindre la Tunisie où s’est installé le FLN (Front de Libération National algérien). Pendant quatre ans, jusqu’en 1962, ils seront les meilleurs représentants de leur pays à l’extérieur. Durant cette période, faite de matchs amicaux et de tournées dans les pays amis, l’équipe du FLN deviendra un emblème de l’indépendance.

Celle-ci acquise, Rachid Mekloufi va rejoindre Saint-Etienne, le club de son cœur avec qui il était toujours sous contrat. Mais pour avoir joué dans l’équipe du FLN, Mekloufi ne put revenir en France immédiatement. Il fut donc engagé au Servette de Genève, dont l’entraîneur était l’ancien Stéphanois, Jean Snella. Il put ainsi faire une période de transition avant de revenir en France. Au Servette, il apporta un titre de champion suisse.

C’est en décembre 1962, dans un climat tendu, qu’il rejouera son premier match avec les Verts, premier ballon, premier gri-gri, le public est (re)conquis et fête avec joie le retour de son idole. L’année suivante, nouveau titre de champion de France, Rachid joue désormais milieu de terrain, organise davantage le jeu pour ses jeunes partenaires, Herbin, Larqué ou Revelli. Saison 1966-67, c’est la consécration pour l’enfant de Sétif qui remporte son troisième titre de champion et est sacré meilleur joueur du championnat de France. Nouveau titre en 1967-68 et pour son dernier match sous le maillot vert, en finale de la Coupe de France face à Bordeaux, Mekloufi réalise un doublé (victoire de Saint-Etienne 2 à 1). Puis il quitte les Verts qui vont le remplacer par un certain Salif Keita.

Du joueur au Président

Ses dernières années de footballeur, Rachid Mekloufi va les passer à Bastia, en Corse, où il devient entraîneur-joueur. Une nouvelle expérience qui lui servira ensuite puisqu’il deviendra sélectionneur de l’équipe nationale d’Algérie (remportant les Jeux méditerranéens en 1975) et qu’il fut surtout un des deux entraîneurs de la grande équipe d’Algérie de 1982 qui terrassa l’Allemagne grâce à deux buts de Rabah Madjer et Lakhdar Belloumi avant d’être éliminée suite à un match pipé entre l’Allemagne et l’Autriche. Enfin, il fut brièvement Président de la Fédération algérienne de football en 1988 et travaille maintenant au sein de la Confédération africaine de football. Une carrière bien remplie pour celui qui restera à jamais l’enfant prodige de Sétif et Saint-Etienne.

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