L’équipe nationale algérienne, et ses supporters avec, tombe de haut. Sa défaite contre la modeste équipe de la république Centrafricaine (2-0), samedi dernier, est perçue comme un affront qui ne se lave que par le grand ménage au sein des instances footballistiques.


De notre correspondant

Ceux qui ont cru en la renaissance de l’équipe nationale algérienne reviennent maintenant à l’évidence. Ils sont rattrapés par l’illusion de phénix des Fennecs. Ce n’est finalement qu’un feu de paille car une équipe de conjoncture ne gagne pas tout le temps et partout.

L’intronisation d’Abdelhak Benchikha à la barre technique nationale pour sauver les meubles et colmater des brèches existantes dans la maison footballistique Algérie n’a pas donné ses fruits. Son baptême de feu est un vrai ratage chose qui a fait se déchainer toutes les passions. Les journalistes locaux, supporters et  personnalités sont loin d’être indifférents à ce qui s’apparente à un opprobre. Un journaliste sportif, très au fait de l’actualité sportive nationale, Menad Ferrahn du quotidien La Nouvelle République dit n’avoir pas cru en les propos triomphalistes des joueurs à la veille de ce grand rendez-vous.

« On nous a habitué aux leurres. Maintenant que les masques sont tombés, il faut revenir à l’évidence. Notre équipe nationale est une équipe de circonstance qui alterne le bon et le moins bon et parfois le pire, estime un interlocuteur qui ne croit point en la renaissance. C’est un feu de paille, ils ont gagné contre l’Egypte au Soudan, les médias ont encensé les joueurs alors que la réalité est tout autre. ». Cette déconfiture est mal perçue chez les supporters qui ont parlé de « honte ».

« C’est vraiment une humiliation », renchérit Jugurtha, un ingénieur en génie civil qui dit « ne pas reconnaitre les joueurs algériens face à la modeste formation de la Centrafrique qui n’a, pourtant, rien d’un foudre de guerre. » Cette défaite sans gloire à Bangui a fait aussi beaucoup de mécontents parmi les jeunes. « Cette défaite nous rappelle la raclée reçue face au Malawi (0-3) en Coupe d’Afrique des Nations en Angola, achevée par la déconvenue contre les Pharaons (0-4) », complète Hocine.

Certaines langues se délient. On pense même que les joueurs ont levé le pied pour écarter Benchikha ce qui constituerait un acte gravissime comparable à la haute trahison en temps de guerre. Mais en réalité où réside le problème ? Jusqu’à quand ce bricolage ? Autant de questions que se pose le commun des Algériens.

Benchikha, qui aurait émis le vœu de prendre du recul et démissionner, est loin d’être responsable de cette débâcle qui trouve son origine dans la mauvaise gestion. Nombreux sont ceux qui préconisent la formation comme salut de l’équipe algérienne: « Les locaux formés en Algérie défendront crânement les couleurs nationales sans mépris et sans relâche », explique-t-on.

Chacun fait sa propre lecture mais le dernier mot revient à l’instance dirigeante du football algérien, qui aurait contacté un entraineur français en le nom de Rolland Courbis. Ce dernier aurait confirmé l’information, ce qui équivaudrait à l’ouverture d’une nouvelle parenthèse pour l’équipe nationale algérienne qui semble renouer avec les infortunes. Les prochaines sorties ne seront pas sur du velours puisque les adversaires s’y accrochent toujours becs et ongles dans un challenge où seul l’effort paye.