A l’approche du choc nord-africain, en demi-finale de la CAN 2010, la presse égyptienne s’efforce de banaliser le match Algérie-Egypte, qui doit avoir lieu ce soir à 20h30, à Benguela (Angola). Ces derniers jours, les journaux cairotes on multiplié les appels au calme et insisté sur la nécessité de cantonner le match à son caractère sportif. A Alger, la méfiance règne : « Attention, ils veulent nous endormir ! »


Sans haine ni reproches ? A l’approche de la demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations Algérie-Egypte, ce soir à 20h30 à Benguela (Angola), la presse égyptienne s’efforce de banaliser ce duel de choc entre les deux formations. Deux mois à peine après la qualification des Fennecs au Mondial sud-africain aux dépends des Pharaons à Khartoum, à l’issue de deux rencontres émaillées d’incidents graves qui ont conduit à une crise diplomatique entre les deux pays, le hasard contraint les deux rivaux à croiser le fer de nouveau, aux portes du sacre africain. Les journaux égyptiens s’en accommodent.

Les médias occidentaux pointés du doigt

« Un match de football ne doit pas porter atteinte aux relations entre deux pays frères », insiste le quotidien gouvernemental Al-Ahram dans son édition de jeudi. « Les médias occidentaux sont déterminés à enflammer les esprits », accuse pour sa part le quotidien Al-Algomhuria, tout en faisant état de « contacts officiels » entre les deux pays pour apaiser les esprits et cantonner la rencontre à son cadre sportif. Mardi, les ministres égyptien et algérien des Affaires étrangères se sont effectivement accordés lors d’un entretien téléphonique sur la nécessité d’aborder « avec sagesse » le match entre leurs deux sélections.

Les journaux algériens, qui ont fait leur une autour de l’évènement sportif, ont accueilli ce changement de ton avec méfiance. « Les médias égyptiens tentent de dépassionner les débats, histoire d’absorber la rage de vaincre », estime, incrédule, El-Watan. « Ayant constaté que la provocation ne sert à rien avec les Algériens, les Égyptiens ont opté, cette fois-ci, pour l’apaisement par des paroles mielleuses, dans l’espoir d’endormir les coéquipiers d’Antar Yahia et faire baisser l’intensité de leur rage de vaincre afin que les joueurs de Hassan Shehata puissent prendre leur revanche et atténuer la déception de l’élimination du Mondial sud-africain », accuse pour sa part Liberté.

« Pas de problème avec l’équipe d’Egypte »

Les officiels du football algérien ont en tout cas emboité le pas à leurs homologues égyptiens en appelant eux aussi au calme. « Sur les trois derniers matches contre l’Egypte, il n’y avait pas eu de problème sur le terrain ni dans les coulisses du stade », a rappelé le président de la Fédération Algérienne de Football (FAF), Mohammed Raouraoua, dans un entretien jeudi à l’AFP. « Les problèmes se sont situés à l’extérieur, et l’animosité avait été provoquée par certains dirigeants égyptiens qui avaient tenu des propos regrettables», a-t-il déclaré en allusion à son homologue égyptien Samer Zaher qui aurait appelé à accueillir la sélection algérienne avec des pierres au Caire le 12 novembre dernier. L’Algérie en tout cas le jeu de l’apaisement. Les autorités locales ont annoncé envoyer près de 1000 supporters pour soutenir les Verts (loin du pont aérien d’Oum Dourman) tandis que l’Egypte a dit avoir programmé un seul vol, qui transportera 160 fans des Pharaons à Benguela.

« Il y a eu une réunion de sécurité et si c’est nécessaire, nous renforcerons les mesures de sécurité, mais rien ne nous y incite pour l’instant », rassure un membre de la Confédération africaine (CAF). Aux alentours du Stade National de Ombaka de Benguela, les supporters des deux équipes seront également séparés. Ni guerre ni paix, bien au contraire.

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