Du pied droit, du gauche, de la tête, Pierre-Emerick Aubameyang sait tout faire avec son corps pour marquer des buts. La preuve encore lors d’un match en retard de la 22e journée de Ligue 1, où il écœuré Lorient avec un triplé. Sur sa dynamique de la CAN le Gabonais est inarrêtable.


« Il marche sur l’eau. Des fois, c’est Moïse, il nous ouvre la mer« , déclarait après le match Cristophe Galtier à l’encontre de Pierre-Emerick Aubameyang. Une métaphore aquatique qui tombe juste de la part de l’entraîneur stéphanois, car avant d’y marcher le Gabonais a du en sortir la tête, de l’eau.

C’était un soir de février 2012, le 5 plus exactement, quand, après avoir raté son penalty, l’homme a la crête, effondré, anéantissait les espoirs du pays hôte de la CAN 2012 d’aller en demi-finale. Dix-sept jours plus tard, sa photo s’étale en grande Une à l’entrée du site officiel des Verts, à l’image du mur de Zidane à Marseille. Plus de deux semaines ont passé et il n’ y a, en effet, pas photo entre ces deux soirs de février.

Aubamé Yin

« C’est un moment rêvé, je n’oublierais pas mon ballon, je vais le prendre avec moi, le montrer à mon fils et après je l’encadrerai« , avouait le héros du match, juste après la rencontre. Et on le comprend. Car si Saint-Étienne remonte à la quatrième place de la L1 avec une belle victoire sur Lorient (4-2) elle le doit en grande partie au Gabonais. Le numéro 7 a confirmé son statut d’homme providentiel. Engagé, disponible et toujours aussi rapide il envoyait dès la 3e minute un tir en angle fermé sur Lecomte qui repoussait bien le ballon.

Trois, un chiffre qui allait inspirer sa soirée. A la 56e minute, dans le dos de la défense il croisait parfaitement son tir du gauche, puis à la 67e, d’une tête décroisée, il augmentait son compteur, enfin, après un long une deux, il enchaînait d’une frappe du droit à la 90e. Et un et deux et trois buts ! « C’est mon premier triplé en professionnel. C’est magnifique, d’autant plus qu’il y a la victoire. Un but du droit, un du gauche et un de la tête, c’est bien, assez spécial. On me critiquait pas mal dans ma famille car je ne marquais pas trop de la tête« , se ravissait l’intéressé.

Aubamé Yang

Trois buts importants qui donnent encore la victoire aux siens, comme deux journées plus tôt, contre Toulouse où sa réalisation à l’extérieur avait permis à l’ASSE de repartir avec les trois points (1-0). Car non seulement l’ancien Milanais marque mais il est souvent décisif, à l’image de ses trois buts, un à chaque match de poule de la CAN, qui ont envoyés les Panthères en quarts.

Un triplé, une place européenne qui redonne des ambitions aux Verts et rappelle les bonnes années de la Panthère Salif Keita. Et le speaker de Geoffroy Guichard qui scande pour la première fois cette saison le nom du Lavallois pour célébrer un but, l’homme a la crête avait de quoi être satisfait. Et si il la joue modeste « Si on m’avait dit que je serai à dix buts à ce moment de la saison je ne l’aurais pas cru« . On sait que l’appétit, pour une Panthère, vient en mangeant. « Aubam ! Aubam!« , risque donc d’être une rengaine qu’on va entendre souvent du côté de la Loire