Le Burkinabè Habib Bamogo découvre la Coupe d’Afrique des Nations. Mais ce n’est pas une raison pour manquer d’ambition, comme l’explique l’attaquant de l’OGC Nice à Afrik-Foot.com. Sans faux semblant, Bamogo l’annonce: le Burkina Faso veut gagner la CAN! Rencontre, à quelques heures du match des Étalons contre la Côte d’Ivoire. Côte d’Ivoire-Burkina Faso en direct



Afrik-Foot.com: Habib, à 27 ans, c’est votre première Coupe d’Afrique des Nations, on imagine que c’est spécial?

Habib Bamogo: Oui, c’est sûr. C’est un moment particulier, c’est très fort. Je suis fier de défendre ma nation, mon drapeau… Après, c’est difficile de se concentrer avec tout ce qu’il s’est passé (l’attaque du bus du Togo et le forfait des Eperviers, NDLR). C’est désolant. On se met à leur place, ce n’est pas facile. C’est très grave ce qu’il s’est passé.

Justement, comment vit-on cette situation quand on sait que des amis, des coéquipiers sont blessés et vivent un drame?

La CAN, c’est sensé être une fête. Franchement, je ne sais pas ce que je ferais si j’étais à leur place. Je comprend tout à fait leur départ. C’est dommage. Humainement, ils viennent de vivre quelque chose de très difficile. On se retrouve dans une poule à trois. La fête est gâchée, c’est très grave ce qu’il vient de se passer. Maintenant, l’état d’esprit de la CAN est totalement différent.

Revenons au sport, quels sont les objectifs du Burkina Faso dans cette CAN 2010?

Je ne vais pas faire de langue de bois: c’est clair, on veut gagner! Si on rentre dans un match en se disant « ce serait bien de ne pas perdre », ce n’est même pas la peine de le jouer. Il n’y aura que des grands matches pour nous, c’est pour ça qu’on joue une telle compétition. On ne joue pas pour réfléchir. Nous n’allons pas tergiverser et nous allons gagner!

Quels sont les points forts du Burkina, à votre avis?

Il n’y a pas d’individualité qui se détache. Notre vrai point fort, c’est que nous sommes une équipe solidaire. Une vraie équipe difficile à manier. Il faut y aller pour nous bouger, on l’a vu dans les qualifications. Malgré tout ce qu’il s’est passé, nous essayons de nous préparer normalement. Il faut se concentrer sur le terrain, pas sur ce qu’il se passe autour.

Vous ouvrez le bal face à la Côte d’Ivoire. C’est un gros morceau.

Oui, c’est sûr. La Côte d’Ivoire est une des grandes nations du continent. On reste sur deux défaites face aux Éléphants, dont un 5-0 qui nous reste en travers de la gorge. Lors de l’autre match, on les avait accroché (3-2, NDLR) donc on sait ce qu’il faut faire. Nous sommes motivés, il y a beaucoup d’envie dans le groupe. Nous savons qu’ils ont une grosse cote mais nous, nous aussi, avons de l’ambition.

Avez-vous parlé avec Emerse Faé, votre coéquipier ivoirien de Nice, que vous retrouverez en face de vous ce lundi?

Oui, bien sûr. Mais nous n’avons pas parlé de football. Nous sommes tous touchés par ce qu’il vient de se passer. Du coup, c’est difficile d’avoir la tête à ça. Je le chambrerais, après, une fois que je l’aurais battu!