Ce lundi, c’est une page de l’histoire du football camerounais qui va se tourner. Dans cette conférence de presse à venir, Rigobert Song va annoncer sa retraite. A 34 ans, le défenseur aux dread locks va donc raccrocher les crampons, mettant un terme à dix-sept ans de Lions Indomptables.


On ne verra plus sa grande carcasse: à 34 ans, Rigobert Song tire sa révérence. Le mythique capitaine des Lions Indomptables ne va donc plus balader sa légendaire crinière sur les terrains de football. Compteur bloqué à 137 sélections, le défenseur demeure le capitaine le plus titré de l’histoire des Lions Indomptables du Cameroun.

1993-2010, Rigo, comme l’appellent tous ses fans, a donc passé dix-sept ans sous les couleurs des Lions, étant donc de toutes les expéditions récentes des Camerounais avec, au palmarès, deux Coupes d’Afrique des Nations remportées, une finale de cette même CAN, perdue face à l’Egypte ainsi qu’une finale de la Coupe des Confédérations perdue face à la France. Une aventure débutée aux Etats-Unis, lors d’une Coupe du monde où le jeune défenseur du FC Metz est devenu le plus jeune expulsé en phase finale en voyant rouge, lors du deuxième match face au Brésil (3-0).

Expulsé en 1994

De Metz à Trabzonspor en passant par Liverpool, Galatasaray, West Ham, Cologne ou Lens, « Magnan » (frère en langue Bassa) a ravi les fans, tant par ses tacles rageurs que sa disponibilité en dehors du terrain. Ses tacles rugueux, justement, lui ont valu la célèbre distinction d’être avec Zinédine Zidane, le seul joueur à avoir reçu de carton rouge dans deux Coupes du monde.

Mais il a bien failli passer à côté de tout ça. Au milieu des années 90, le futur capitaine des Lions Indomptables n’est qu’un obscur défenseur du championnat local, bien qu’il évolue au Tonnerre Yaoundé. « Mon histoire à Metz est vraiment drôle. Mon oncle envoyait des demandes dans les clubs, la mienne s’est retrouvée dans la poubelle de Joël Müller avant qu’il ne la retire de la poubelle et la repasse sur recommandation de Jacques Songo’o, mon coéquipier en équipe nationale du Cameroun, raconte-t-il. C’était juste avant la Coupe du Monde 1994 aux Etats-Unis. Joël m’a fait confiance et je ne l’ai pas déçu. Il est aujourd’hui comme mon père spirituel, tout le monde le connait chez moi : il m’a appris le football, je suis devenu ce que je suis aujourd’hui grâce à lui : je lui dois énormément. »

Capitaine courage

Depuis, l’oncle d’Alexandre Song, le milieu de terrain international d’Arsenal, a enchaîné les matches, devenant l’un des joueurs emblématique des Lions. Capitaine courage, c’est toujours lui qui sonnait la charge pour un pays qu’il affectionne tant. « J’aime le Cameroun. Lorsque je vois un symbole qui représente la nation ou la patrie, je tremble, non pas de peur mais de force. Je donnerais tout pour faire honneur à mon pays. » C’est d’ailleurs sans broncher qu’il a accepté la perte de son brassard, juste avant le Mondial.

Toujours humble, le natif de Nkenglickock était revenu pour Afrik.com sur ces débuts: « C’est un beau symbole de finir comme j’ai commencé. Parce que ma première compétition avec le Cameroun, ce n’est pas la Coupe d’Afrique. C’est la Coupe du monde. C’était en 1994 aux Etats-Unis. Je me suis retrouvé en chambre avec Roger Milla, qui avait à l’époque quarante deux ans. Entre chaque séance, nous devions nous occuper de notre linge. Franchement, je ne le voyais pas faire sa lessive. Donc je lui cirais les pompes, lavait son linge, et mettais tout à disposition pour la séance suivante. Cette fois, je rentre à la maison, sur le continent africain », expliquait-il avant le début de la Coupe du monde sud-africaine. Salut l’artiste.