Après leur retour tonitruant à la Coupe du monde 2010, les entraîneurs européens étaient absents durant les matchs amicaux de la FIFA des 10 et 11 août derniers. Plusieurs grandes nations de football du continent africain (la Côte d’ivoire, le Cameroun, l’Afrique du Sud et le Nigeria) ont fait confiance aux entraîneurs locaux. Ces sélectionneurs ont de grandes chances de diriger ces formations pour les éliminatoires de la Can 2012 qui se déroulera au Gabon et en Guinée équatoriale.


Le pouvoir aux locaux ! Pour leurs premières à la tête des Eléphants et des Lions indomptables, François Zahoui et Jacques Sango’o ont été impressionnants lors de cette journée de matches amicaux internationaux joués cette semaine. Victorieux respectivement de l’Italie (1-0) et de la Pologne (0-3), les joueurs ont redoré le blason des sélectionneurs africains écartés de manière incompréhensible par leurs fédérations depuis plusieurs années. En quête d’un entraîneur après le mondial, les formations camerounaise et ivoirienne ont débuté ce post-mondial par des intérimaires. Car leurs prédécesseurs n’ont pas prolongé l’aventure.

La fin de l’ère des étrangers

Pour la Côte d’ivoire, le technicien suédois Sven Göran Eriksson réclamait une revalorision salariale. Une condition trop élevée pour la FIF (Fédération ivoirienne de football) qui a abandonné les démarches pour jeter son dévolu sur le technicien français Gérard Gilli qui a lui aussi refusé le poste n’estimant pas sa liberté d’action suffisante. Face à cette avalanche de refus, les dirigeants ivoiriens ont fait confiance à un local François Zahoui, ancien joueur de la sélection et ancien entraîneur des cadettes. Cet homme a réussi ses débuts à la tête des Eléphants mardi dernier à Londres. Il a gagné des points précieux pour devenir l’entraineur numéro 1 de la Côte d’ivoire. Reste à savoir si la Fédération osera faire confiance à un séléctionneur local pour diriger les stars de cette équipe et aborder un grand tournoi (Can ou Coupe du monde).

Du côté des Lions Indomptables, le français Paul le Guen n’a pas voulu prolonger son bail avec le Cameroun. Traumatisé par ce qu’il a vécu au sein de la sélection durant le Mondial. Notamment au niveau de choix tactiques fortement contesté par l’opinion publique, le Breton a décidé d’arrêter l’aventure. Les dirigeants camerounais ont proposé à l’ancien international allemand Lothar Matthäus de diriger l’équipe mais le veto de la femme du président Chantal Biya a empêché l’allemand de prendre les rênes de la sélection. Résultat, les Lions ont finalement confié les clés du camion à Jacques Sango’o ex – entraîneur des gardiens et ancien portier de la sélection. L’équipe a réalisé une prestation exceptionnelle pour sa première avec le groupe.

L’Afrique du Sud semble avoir écouté l’avis de celui qui a permis à cette nation de remporter la Can 1996,Clive Braker entraîneur des Bafana Bafana de 1994 à 1997. Il a déclaré : « J’ai également remarqué que les meilleures équipes du tournoi ont des sélectionneurs nationaux et nous aurions pu nous en inspirer. Il est désormais temps de nous concentrer sur 2014 et d’éviter de reproduire les mêmes erreurs ». C’est chose faite avec la nomination de Pitso Mosimane. L’ancien adjoint de Carlos Alberto Parreira a pris les rênes de la sélection après la Coupe du monde. Pour sa première, il a frappé un grand coup en battant la meilleure équipe africaine du Mondial 2010, le Ghana mercredi dernier à Johanesburg (1-0).

Les Super Eagles suivent l’exemple des Lions Indomptables, des Eléphants et des Bafana Bafana. Le suédois Lars Lagerback a quitté la sélection à la fin du Mondial sud-africain et un local Austin Eguavoen, ancien défenseur de la sélection nigériane a dirigé mercredi l’équipe lors du match amical face à la Corée du Sud perdu (2-1). D’ailleurs la semaine prochaine, on devrait connaître le prochain sélectionneur. L’heureux élu serait Samson Siasia, l’ancien sélectionneur des U20 du Nigeria.

Un changement de mentalité

Les fédérations africaines étaient, pour la plupart, convaincues qu’avec un entraineur étranger, elles arriveraient à atteindre les sommets du football africain et mondial. Pourtant certains sélectionneurs autoctones sont parvenus à obtenir de bons résultats. La référence absolue est l’égyptien Hassan Shehata vainqueur de 3 Can consécutives avec les Pharaons
(2006,2008,2010).Le sélectionneur algérien Rabah Saâdane a lui aussi fait ses preuves. Il a qualifié l’Algérie pour la Can 2010 et la Coupe du monde 2010 ou elle avait été absente plus de 20 ans.

Après une première Coupe du monde en Afrique décevante, les fédérations africaines de football ont-elles pris conscience que les entraîneurs locaux sont les hommes de la situation ?
En tout cas, elles semblent prendre ce chemin en Côte d’ivoire au Cameroun, au Nigeria et Afrique du Sud.

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