Dominateur mais en manque de réalisme, le Maroc s’incline dans le derby face à une équipe de Tunisie efficace et disciplinée. Les Aigles de Carthage prennent la deuxième place du groupe C, juste derrière le Gabon.


Maroc-Tunisie, premier choc de cette CAN 2012, était plus qu’un match entre amis. Plus qu’un duel pour une vague supériorité locale. Sur le papier, le groupe C semblait promis à une des deux équipes nord-africaines. Au soir de cette 1e journée, ce sont les Aigles de Carthage qui s’en approchent le plus à la faveur d’une jolie victoire (2-1).

Et ils peuvent remercier Saber Khelifa, l’attaquant d’Evian TG. En jaillissant au milieu de la défense marocaine, en s’élevant haut dans le ciel de Libreville, le joueur de 25 ans gênait la sortie de Nadir Lamyaghri, qui laissait filer le coup franc de Khaled Korbi dans ses buts. Nous sommes alors à la 34e minute de jeu et l’affaire était pliée. But accordé à Khelifa, un joueur qui n’avait pas de club au début de la saison. C’est la belle histoire d’une sélection de Tunisie qui n’en manque pas. Les hommes de Sami Trabelsi ont réussi: ils ont offert une victoire amplement méritée à une nation marquée par la Révolution.

Manque de réalisme

La suite a ressemblé à un véritable derby. De l’engagement, à l’image de ce tacle d’Abdennour sur Chamakh (2e), de cette sortie sur civière de Jemal (29e) et de Dhaouadi (38e)… et beaucoup de tension, comme sur ses cartons jaunes pour Korbi (26e) du côté des Aigles, pour Benatia (33e) et Basser (57e) côté Lions de l’Atlas. Ou bien sur la réductions du score de Houcine Kharja (85e) qui a entraîné un léger accrochage entre les voisins maghrébins. Au final, une rencontre virile mais correcte pour un match que l’on annonçait bouillant. Or, si la Tunisie s’impose un peu contre le cours du jeu, elle doit aussi à la maladresse des attaquants marocains. Et à un grand Mathlouthi. Le portier de l’Étoile du Sahel a tenu la baraque derrière, démontrant une nouvelle fois la solidité de la défense des Aigles. Chamakh (12e, 48e), El Kaddouri (28e), Belhanda (42e), Taarabt (48e) ou Hadji (67e) ont buté sur le gardien de 27 ans, devenu héros national.

De l’autre côté du parc, en revanche, les Tunisiens ont fait preuve d’un réalisme étonnant. Six tirs, cinq cadrés et deux buts. Car, au milieu d’une soirée sans pour le Maroc au niveau de la finition, Youssef Msakni a jailli du banc pour enfoncer le clou au terme d’un raide solidaire un brin chanceux (75e) mais qui pourrait bien donner des migraines à Eric Gerets tant sa défense a paru amorphe devant la vivacité et la volonté du joueur de l’Espérance de Tunis. Heureusement que son capitaine, Kharja, a sauvé la mise au milieu de la défense tunisienne (86e), pour réduire la marque et lui éviter bien des maux de tête. Mais le but du milieu de terrain de la Fiorentina arrivait trop tard. La victoire ne changera pas de mains. Et la Tunisie s’offre un joli coup.