Déjà confronté à 8 défections avant la CAN 2017, le sélectionneur du Cameroun, Hugo Broos, a réalisé des choix forts en continuant à écarter des cadres de la liste des 23 ou de son équipe-type. Et ça marche puisque la nouvelle génération des Lions, incarnée par Bassogog et Ngadeu, tous deux buteurs jeudi face au Ghana (2-0), vient de valider son billet pour la finale de la compétition !


« Quand j’ai publié ma liste de 23, j’ai demandé à la presse de respecter mes choix, de ne pas les commenter, mais de juger les résultats à la fin de la compétition. Je leur ai demandé de me faire confiance. Pas plus. » Mercredi, à la veille de la demi-finale victorieuse de la CAN 2017 face au Ghana (2-0), le sélectionneur du Cameroun, Hugo Broos, rappelait que c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Quel que soit le résultat de la finale dimanche face à l’Egypte, la CAN fait déjà office de franche réussite pour le technicien belge qui a amené les Lions Indomptables là où personne ne les attendait alors qu’ils s’avançaient avec sans doute l’effectif le plus faible des dernières années.

Contraint et forcé, le coach a d’abord dû se passer des services de 8 déserteurs* (dans les faits, parmi les réfractaires seuls Eric-Maxim Choupo-Moting et Allan Nyom ont réellement pu contrarier les plans de Broos, pour les autres il s’agissait de gardiens remplaçants, de nouveaux appelés et d’un joueur, Joël Matip, régulièrement en retrait depuis le Mondial 2014). Egalement confronté au forfait d’Henri Bedimo, l’ancien entraîneur de la JS Kabylie a encore surpris en écartant Aurélien Chedjou de la liste finale en plus des habituels mis à l’écart Stéphane Mbia et Carlos Idriss Kameni.

Nkoulou, Njie et Aboubakar sur le banc !

Ces choix ont légitimement fait naître de gros doutes avant la compétition. Surtout qu’une fois au Gabon, Broos ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Adepte du turnover puisqu’il a aligné 5 onze de départ différents en autant de matchs, le technicien de 64 ans a également frappé fort en privilégiant le mérite plutôt que les statuts établis. Exit donc Nicolas Nkoulou, dans l’impasse à l’OL, Clinton Njie, auteur d’un gros raté face au Burkina Faso, et surtout la star Vincent Aboubakar, tous transformés en remplaçants de luxe.

A la place, Broos a confié les clés de la charnière centrale aux moins expérimentés Adolphe Teikeu et Michael Ngadeu, le défenseur-buteur, auteur de deux réalisations décisives dans cette CAN. Révélation de la compétition et déjà élu deux fois homme du match, l’ailier Christian Bassogog donne quant à lui bien plus de fil à retordre aux défenses que Njie. En pointe, le choix Ndip Tambe, qui pèse sur ses adversaires mais manque d’efficacité, au détriment d’Aboubakar, est plus discutable. Mais comment blâmer un collectif qui fonctionne ?

« Un groupe de 23, pas de 11« 

« C’est ça qui rend le Cameroun aussi fort pour l’instant : c’est vraiment un groupe de 23 joueurs et pas un groupe de 11« , lançait Broos après le succès face au Ghana. Rassuré par l’excellent Fabrice Ondoa dans le but, porté par sa nouvelle génération, capable de défendre quand il le faut, comme face au Sénégal (0-0, 5-4 tab), mais aussi de faire le jeu, comme face au Ghana, ce Cameroun fait finalement un beau finaliste ! Pour la plus grande fierté de son architecte !

*André Onana (Ajax d’Amsterdam), Guy Roland Ndy Assembe (Nancy), Joël Matip (Liverpool), Allan Nyom (West Bromwich), Maxime Poundje (Bordeaux), André Zambo Anguissa (Olympique Marseille), Ibrahim Amadou et Eric-Maxim Choupo-Moting (Schalke 04).