A mi-chemin entre la Coupe d’Afrique des Nations et la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, Aurélien Chedjou, le défenseur les Lions Indomptables du Cameroun et des Dogues de Lille, a évoqué pour Afrik-Foot.com ces deux grosses échéances de l’année 2010. Le Camerounais rêve d’imiter Roger Milla et compagnie, quarts de finaliste du Mondial 90.



Afrik-Foot.com : Aurélien, trois mois après, quel bilan tirez-vous de cette Coupe d’Afrique des Nations?

Aurélien Chedjou : Principalement les performances des grosses équipes et notamment l’Algérie qui revient bien, après avoir été absente pendant deux éditions. Mais aussi le Ghana, qui capte la lumière ou le triplé historique de l’Egypte. Et ce n’est pas un hasard, c’est une des meilleures équipes du continent : les joueurs se connaissent bien, ils sont très forts.

A titre personnel, vous viviez votre première compétition avec les Lions Indomptables.

Oui et je ne suis pas satisfait. En tout cas, au niveau du jeu. Je trouve que je n’ai pas vraiment été à la hauteur. Mais ça va me servir de leçon pour apprendre. Je sais que je peux faire plus. J’ai voulu faire trop bien trop vite. C’était ma première compétition donc, comme je l’ai dit, j’étais
aussi là pour apprendre mais bon, je ne me suis pas trouvé très bon…

Comment avez-vous été accueilli ?

Très bien. J’ai été très bien accueilli par tout le monde, joueur et staff. Il y a une super ambiance dans le groupe, tout le monde s’entend bien. Il y a pas mal de jeunes, on est réceptifs. Je me suis bien entendu avec des gars comme Alexandre Song, Nicolas Nkoulou, Georges Mandjeck, Stéphane Mbia aussi… On écoute les anciens comme Song, Geremi ou Eto’o… On tirent des enseignements, ils nous guident.

Et quid de Paul Le Guen ?

C’est un super coach. Quand il arrive, le Cameroun est dernier de son groupe, quasiment éliminé de la CAN et de la Coupe du monde. Le coach nous a redonné confiance, il a réussi à remotiver les troupes. En plus, il a le vécu, l’expérience dont nous avons besoin. Après, le Cameroun a un bon groupe mais c’est un groupe jeune. Nous sommes en pleine phase de transition. On ne peut pas trop en demander.

Franchement, est-ce que le Cameroun avait les moyens d’aller plus loin dans cette CAN ?

Bien sûr ! Le Cameroun a un très bon groupe avec de bons joueurs. Mais, comme je l’ai dit, nous sommes en pleine transition. Il y a des jeunes qui tapent à la porte. Mais il faut succéder à des monuments, ce n’est pas facile. Paul Le Guen est en train de rajeunir l’équipe. On est passé à côté lors de la CAN mais, maintenant, on sait à quoi s’attendre. Il ne faut pas se cacher derrière l’excuse de la jeunesse. On sait ce que ça veut dire de porter le maillot du Cameroun, il fallait qu’on prenne la mesure de ce maillot.

Face à l’Italie, en février (0-0), la Cameroun n’a pourtant pas montré grand-chose…

Sans vouloir leur faire injure, on ne jouait pas contre l’Érythrée quand même ! C’était l’Italie en face. Ils sont champions du monde en titre : ce n’est pas la première équipe venue. En plus, je trouve que l’on n’a pas été si mauvais que ça dans le jeu. Surtout avec tous ces nouveaux.

Beaucoup d’observateurs critiquent le milieu de terrain, composé exclusivement de milieux défensifs.

Et alors ? Je ne suis pas d’accord. Sur le papier, ces joueurs sont peut-être des milieux défensifs mais ils participent à la création et à l’animation offensive ! Prenez Song, vous avez vu la qualité de ses passes ? Et Landry N’Guemo qui participe activement aux attaques avec le Celtic… Et Makoun qui marque contre le Real… C’est un faux débat.

L’équipe du Cameroun est quand même très critiquée ces derniers temps.

Je ne me fais pas de soucis. Franchement, je suis très optimiste. Si vous prenez les joueurs ligne par ligne, on est capable de rivaliser avec n’importe qui en Afrique. Bon, c’est vrai que les résultats ne jouent pas en notre faveur mais on va se ressaisir. Cela va aller mieux, croyez moi !

Au plan continental, d’accord mais c’est la Coupe du monde qui arrive…

C’est vrai qu’on est un peu moins bien maintenant mais j’y crois dur comme fer à cette Coupe du monde. Si c’est pour faire de la figuration, autant rester à la maison. Personnellement, je m’entraîne dur avec Lille pour faire partie de cette sélection.

Que peux espérer le Cameroun en Afrique du Sud ?

Aller le plus loin possible. On a ce qu’il faut pour créer la surprise. On n’est pas favori, on ne doit pas se poser de question. Franchement, il ne faut pas se donner de limite. Il faut que l’on prenne le maximum de points possibles.

Avec le Japon, le Danemark et les Pays-Bas, votre groupe est tout de même relevé.

Oui, c’est vrai que c’est un groupe d’habitués mais, comme je l’ai dit, j’ai confiance. Le Danemark et le Japon ont un peu le même profil en ce sens qu’ils ne font pas de bruit mais ils sont toujours présents. Après, il y a la Hollande avec ses superstars. Pas la peine de les énumérer, tout le monde les connaît. Les Pays-Bas sortent du lot, c’est sûr. Derrière, il me semble que cela se vaut. Mais, nous, on ne fait pas de complexe d’infériorité. On peut largement passer : ce serait tellement bon de faire comme nos papas en 1990 (quarts de finaliste du Mondial 90 en Italie, NDLR).

Quel est votre favori pour cette Coupe du monde ?

Les Argentins parce qu’ils ont des joueurs comme Messi. C’est vrai que le Messi de l’Argentine est différent du Messi du Barça mais, derrière, il y a toujours un Tevez ou un Higuain pour sauver le mise. Et puis le Brésil, parce que le Brésil, ça reste le Brésil. Ils sont largement au-dessus du lot. Un peu comme l’Espagne d’ailleurs qui possède d’énormes qualités et de grands joueurs dans toutes les lignes.

Est-ce qu’une équipe africaine peut remporter la Coupe du monde ?

Évidemment ! Évoluer sur le sol africain sera une source de motivation supplémentaire mais toutes les équipes africaines peuvent faire quelque chose. Que ce soit la Côte d’Ivoire, le Cameroun, l’Algérie, le Ghana ou l’Afrique du Sud, nous serons tous hyper motivés !