Étonnante ambiance pendant cette Coupe du monde. Les vuvuzelas résonnent à tue-tête de Cap Town à Durban. Assourdissants, irritants, voire même insupportables aux dires de certains? L’utilisation des vuvuzelas agace et fait débat. Pourtant, les supporters du monde entier se les arrachent en Afrique du Sud et les vuvuzelas apparaissent comme l’objet symbolique de ce mondial africain.


La vuvuzela est partout! A l’origine commercialisée dans les années 1990 par la société Masincedane Sport, elle s’est vite imposée au pays de Nelson Mandela, notamment dans les confrontations entre les Kaizers Chiefs et les Orlando Pirates, les deux principaux clubs du pays. Cette corne d’environ un mètre de long produit un son comparable au barrissement d’un éléphant et pouvant atteindre les 130 décibels. On peut comprendre que le rassemblement de milliers de supporters, soufflant à répétition dans ces trompettes en plastiques, rende difficile la communication sur les terrains.

L’instrument avait failli faire l’objet d’une interdiction de la FIFA pour les compétitions internationales, cependant la South African Football Association a défendu son utilisation en tant que composante essentielle de l’ambiance dans les stades. La FIFA finit par accepter et c’est lors de la Coupe des Confédérations en 2009 que l’assourdissante trompette acquière une renommée internationale.

Impossible de communiquer

Une interdiction aurait été hautement décriée. Pour la première Coupe du monde en Afrique, éliminer un des symboles des stades sud-africains auraient été très certainement sujet à contestations. Le comité d’organisation (Loc) l’a d’ailleurs récemment réaffirmé. « Les vuvuzelas sont un phénomène culturel liés à notre pays et au football », a déclaré le porte-parole Rich Mkhondo, cité par l’agence de presse Sapa. Des règles ont cependant été imposées, les hymnes nationaux ne doivent en effet pas être perturbés par les vrombissements rauques et lancinants de la vuvuzela.

Pour le reste, supporters, joueurs, entraîneurs, téléspectateurs et chaînes de télévisions devront s’adapter aux standards locaux. Dans l’enceinte de Green Point, Yohann Gourcuff, international français en a d’ailleurs fait l’expérience. « On ne s’entendait pas sur le terrain, affirme le Bordelais au journal Le Parisien. Même son de cloche du côté de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. C’est donc par signes qu’il faudra désormais communiquer, à l’instar de Joachim Löw, sélectionneur allemand, qui a déjà prévu donner ses consignes par des gestes. En dehors du terrain, les présentateurs de télévision ont du s’équiper de micros utilisés lors des courses de Formule 1 pour se faire entendre par les téléspectateurs.

Plus de 120 000 fans sur Facebook

Loin du mécontentement grandissant des autres sélections, les Bafana Bafana, au contraire, appellent leurs fans à redoubler d’efforts. « On veut des vuvuzelas plus bruyantes que ça lors de notre prochain match, contre l’Uruguay. Il y a eu des moments dans le match où les fans ne soufflaient pas dans leur vuvuzela », s’est écrié le gardien sud-africain, Itumeleng Khune. Ce sera donc aux autres pays de s’adapter aux exigences sud-africaines.

Et tant pis pour les ronchons qui se sont organisés sur Facebook. Les fans, eux, pourront souffler dans leur propre vuvuzela virtuelle.