Le président de la Fifa, Sepp Blatter, s’est déclaré pour la prise de sanctions autres que financières à l’encontre des clubs et des joueurs racistes. Il appelle à l’exclusion de ces derniers des compétitions.


La Fédération internationale de football (Fifa) va-t-elle enfin prendre des mesures concrètes contre le racisme dans le foot ? Joseph Sepp Blatter, le président de la Fifa, a laissé éclater son indignation, ce vendredi, alors qu’il est au Japon pour le Championnat du monde des clubs de la Fifa (11-18 décembre). « Il n’y a pas de place dans le football pour la discrimination et l’extrémisme, quel qu’il soit », a-t-il déclaré en réaction au geste de Paulo Di Canio, le week-end dernier. Lors d’un match, l’attaquant de la Lazio (Italie) avait effectué le salut fasciste tandis que certains supporters déployaient des banderoles avec des symboles néo-nazis… Ambiance.

« Nous devons être fermes contre la discrimination dans le jeu. Je pense que les équipes [dans lesquelles il y a du racisme] devraient être exclues de la compétition et que nous devrions également exclure de notre famille les joueurs [racistes]. Au début de cette semaine, la Lazio a été condamnée à payer 8 000 euros d’amende pour les symboles néo-nazis des supporters mais Di Canio n’a pas été sanctionné. Blatter affirme que la « seule action à prendre contre le racisme, l’extrémisme et les autres déviations dans le football est d’enlever des points aux équipes ou même d’aller jusqu’à exclure un club de la compétition. Ou encore de les rétrograder d’une division. Une condamnation financière est insuffisante. Nous devons vraiment être fermes. C’est une telle honte pour le sport. »

Ambassadeurs contre le racisme

Ce discours engagé sera-t-il suivi des faits ? Si oui, cela devrait passer l’envie à certains de jouer les Mussolini sur le retour ou de jeter des bananes sur les joueurs noirs… Ce n’est pas la première fois que la Fifa et son président s’expriment ouvertement sur un sujet qui semble leur tenir à cœur. En mars 2000, le Comité exécutif de la Fifa avait adopté une déclaration contre le racisme. En juillet 2001, une Conférence de la Fifa sur le racisme, à Buenos Aires (Argentine), avait conduit à une résolution claire : chasser le racisme du foot, avec l’implication des joueurs et des supporters mais aussi des entraîneurs, des officiels, des arbitres, des surveillants de stade et des médias. Une Journée mondiale contre la discrimination et le racisme dans le football a également été instaurée en 2002.

En janvier dernier, la Fifa s’est dotée d’une « équipe » pluriethnique[<*>L’équipe compte 14 membres : Bobby Charlton, Sven-Göran Eriksson, Giacinto Facchetti, Mia Hamm, Hong Myung-Bo, Charmaine Hooper, Jürgen Klinsmann, Pelé, Abedi Pelé, Michel Platini, Birgit Prinz, Wynton Rufer, Dragan Stojkovic et David Suazo.]] d’ambassadeurs contre le racisme. Sous l’égide de son capitaine, Thierry Henry, elle a pour mission de promouvoir « activement » la lutte contre le racisme et « d’incarner la ferme position du football à tout moment, notamment lors d’interviews, d’événements et de sommets ». Pourtant, le racisme court toujours dans les stades. Dernier incident symbolique : l’exaspération, en plein match, de [Marc André Zoro, défenseur ivoirien du FC Messina.

Football contre le racisme en Europe

La Fifa n’est pas seule à condamner les actes et injures racistes qui ont lieu régulièrement sur les pelouses. Le Parlement européen a adopté une résolution visant à débarrasser le football du racisme et appelé à passer à l’action. Cette résolution est soutenue par l’Union des associations européennes de football (UEFA). Dans ce cadre, le Parlement européen a loué le travail du FARE (Football contre le racisme en Europe), un groupe d’action qui sensibilise les communauté du football et joint ses forces aux autorités footballistiques.

« Toute personne devrait avoir le droit de jouer, de regarder et de discuter librement et sans peur. Malheureusement, le racisme est encore présent à tous les niveaux de jeu – amateur ou international. Qu’il soit à mettre sur le compte des supporters, des joueurs, des clubs ou d’autres associations de football, FARE estime que ce genre de comportements sur et hors du terrain est inacceptable et que la majorité des supporters et des joueurs la condamne », peut-on lire sur leur site.