Comme la plupart des pays africains, le Soudan a décidé en fin de semaine d’interrompre son championnat alors que le pays compte deux cas de coronavirus et un décès sur son sol. En revanche, le stage de l’équipe nationale, qui était censée affronter le Ghana les 25 et 31 mars avant que la Confédération africaine de football (CAF) ne décide de reporter ces matchs en raison de la pandémie, a lui bel et bien été maintenu. Au grand dam du sélectionneur Hubert Velud. Nommé en janvier et très inquiet de la situation sur place, le technicien a préféré rentrer en France contre l’avis de sa Fédération.

«Ici, rien n’a changé. Mon staff technique et moi, nous n’étions pas très favorables à sa poursuite. La Fédération oui. D’ailleurs, à l’écouter, il n’y a pas de problèmes», s’est ému l’ancien entraîneur du TP Mazembe, cité par Le Monde Afrique. «La Fédération devra accepter (son retour en France, ndlr), sinon, s’il devait y avoir un litige, la FIFA tranchera. Je ne veux pas être l’entraîneur qui insiste pour continuer les entraînements et mettre mes joueurs en danger. J’ai une image à défendre.»

Car Velud l’assure, les campagnes de sensibilisation au Covid-19 sont loin d’avoir porté leurs fruits au Soudan. «Tous se serraient la main. Moi, je les saluais de loin. J’ai fait attention autant que possible, j’ai mis une distance à chaque fois. Mais quand je raconte aux joueurs et aux journalistes soudanais ce qui se passe en France, ça les fait sourire, ils ne me croient pas. Ils ne se rendent pas compte de la gravité de la situation. Et ce n’est pas faute d’avoir fait de la pédagogie», a estimé l’ancien gardien de but, qui craint le pire pour le Soudan. «Quand l’épidémie va arriver ici, ça va être n’importe quoi, ce sera la panique générale. Il n’y a pas de lits dans les hôpitaux. Et on va lâcher les joueurs dans la nature. Ils étaient presque plus en sécurité lors du rassemblement que dehors avec leur famille.» Alarmant…