Ecarté de la tête de la sélection ivoirienne à l’issue de la Coupe d’Afrique des nations, Vahid Halilhodzic n’a toujours pas digéré son éviction. Interrogé par RMC, le sélectionneur bosnien a tiré à boulets rouges sur la fédération ivoirienne de football.


Visiblement, Vahid Halilhodzic n’a pas apprécié son départ de la Côte d’Ivoire, licencié d’un simple fax au terme d’une Coupe d’Afrique qui s’est achevée un peu trop tôt au goût des pontes de la fédération ivoirienne. Il y peu, Jacques Anouma, le président de la Fécifoot, avait fustigé son ancien sélectionneur, indiquant ne pas avoir « engagé Vahid Halilhodzic pour ne gagner que des matches amicaux. J’ai engagé Vahid Halilhodzic parce que la CAN pour moi et pour tous les Ivoiriens est plus que primordiale. Je ne l’ai même pas engagé pour qu’on se qualifie pour une CAN. Pour moi, c’est une équipe qui, traditionnellement, participe à toutes les CAN. Donc, vu le potentiel que j’ai, je devrais avoir un autre résultat. »

Pour l’ancien entraîneur du PSG, la raison est tout autre. « C’est une décision politique, évidemment », a indiqué l’ancien attaquant nantais au micro de RMC. « Je pense que ce ne se serait pas produit ailleurs qu’en Afrique. Nous avons disputé 23 matchs sans connaître la moindre défaite et après le 24e match que nous perdons dans des circonstances bizarres (élimination en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations contre l’Algérie (2-3) alors que la Côte d’Ivoire menait 2-1 à la 92e, NDLR), je suis licencié. Ça doit être une première dans l’histoire du football », a-t-il poursuivi. Pire, à l’écouter, il avait même le soutien des joueurs : « La semaine dernière encore, Didier Drogba m’a appelé pour m’apporter son soutien et me dire qu’il ne comprenait pas la décision de la Fédération. Quasiment tous les joueurs m’ont appelé d’ailleurs. On avait instauré un système de fonctionnement digne des meilleures équipes de la planète et tout cela s’est envolé ! Mais quoi qu’il arrive je soutiendrai la Côte d’Ivoire au Mondial. »

« Une décision politique »

Coach Vahid est meurtri. Et il le fait savoir. « J’ai dû tout construire avec cette sélection. Je me souviens, lors du premier rassemblement, seuls six joueurs sont venus s’entraîner. Alors, j’ai dû organiser une grande réunion avec tout le monde où je leur ai dit : « Les gars ! L’amateurisme maintenant, c’est terminé ! » Et ça a été l’acte fondateur des succès de cette équipe. Certaines fois, il y avait même quelques joueurs qui me reprochaient de n’être pas assez dur avec eux. Tout fonctionnait idéalement : on avait les résultats, on travaillait bien à l’entraînement, il y avait un respect mutuel. Je pense qu’on est capable de faire une grande Coupe du monde. »

D’autant que, pour le Mondial, l’ex-boss du LOSC avait tout prévu : « L’objectif, c’était de vaincre le Portugal, faire match nul contre le Brésil et gagner contre la Corée du Nord avec le plus de buts possibles. Ainsi, nous aurions terminé premiers du groupe et nous aurions évité l’Espagne en huitièmes de finale. Tout était prêt ! Une Coupe du monde ne se prépare pas en deux jours mais en six mois. J’avais élaboré une stratégie pour profiter des faiblesses du Brésil. Malheureusement, ça ne servira à rien ! En Afrique du Sud, ça aurait été différent de la CAN. On n’aurait eu rien à perdre et tout à gagner. Ce statut d’outsider nous allait comme un gant, c’est pour ça que je pense qu’on aurait pu faire une grande Coupe du monde. » Maintenant, c’est Sven Goran Eriksson qui guide les Éléphants.