Le bail de Jacques Anouma ne se termine qu’en février 2011 mais déjà, en coulisse, les différents camps s’organisent pour préparer la bataille électorale. D’un côté, la Conférence des présidents de clubs. De l’autre, le franc-tireur Narcisse Kouyo Téa, le boss de l’Africa Sports. Décryptage.


A deux mandats, Jacques Anouma devrait quitter la présidence de la fédération ivoirienne de football en février 2011. La suite ? Cela ne concerne plus l’ex-cadre de Renault devenu chef du service financier à la
présidence de la Côte d’Ivoire.

Mais, déjà, dans l’ombre d’Anouma, sa succession se prépare. La bataille pour l’après-Anouma est déjà enclenchée : les présidents des clubs ivoiriens se mènent une guerre froide au cas où l’actuel patron du ballon rond ivoirien maintiendrait sa décision de ne pas renouveler son bail à la tête de la FIF.

D’un côté, la Conférence des présidents de clubs (une structure qui regroupe tous les présidents des clubs des trois premières divisions ivoiriennes) et de l’autre un groupe emmené par Narcisse Kuyo Téa, le président de l’Africa Sports, l’un des plus puissants clubs du pays. A en croire, des sources proches du dossier, Kuyo Téa chercherait à se rapprocher du clan Anouma, afin de se poser en tant que successeur légitime de celui qui a mené les Eléphants à leur première Coupe du monde. C’est sous la présidence d’Anouma que le football ivoirien a écrit ses plus belles pages : deux participations à la Coupe du monde (2006, 2010), une première participation aux Jeux Olympiques (2008), trois participations à la CAN (2006, 2008, 2010) avec une finale en 2006, une médaille de bronze à la CAN cadets en 2005 en Gambie et une participation au Mondial au Pérou, une finale de la CAN juniors en 2003 au Burkina Faso. En plus de la création d’un centre technique national, de la reconstruction de nombreux stades dans le pays et de l’augmentation des subventions aux clubs locaux.

La Conférence des présidents contre Kuyo Téa

Mais, en face, la succession s’organise. Pilotée par Salif Bictogo, président du Stella Club d’Adjamé, la Conférence a déjà tenté de pousser le président de la FIF vars la porte de sortie. Sans succès. Au lendemain des événements tragiques du 29 mars 2009 (bousculade meurtrière du stade Félix Houphouët-Boigny, ndlr), elle a, vainement, milité pour le départ d’Anouma. D’ailleurs, du côté de la Conférence des présidents, cette volonté de Kuyo d’évoluer seul n’effraie personne. « Kuyo Téa n’a jamais fait partie de la Conférence. Il s’est toujours mis à l’écart. Vous savez, il n`effraie personne. Qu’il veuille créer une autre association est un épiphénomène. Nous saurons lui dire la vérité au temps opportun », a même martelé un ponte à L’Intelligent d’Abidjan.

En cas de départ de Jacques Anouma, la Conférence des présidents, qui a pour têtes de gondole Roger Ouégnin (ASEC Mimosas), Eugène Diomandé (Séwé Sports), Salif Bictogo (Stella Club), Ervé Siaba (EFYM), devrait proposer elle aussi son candidat. En attendant, chacun affûte ses armes. A moins que Jacques Anouma ne décide de rester. Rien n’oblige l’homme de 56 ans à quitter son poste : les textes de la FIF ne limitent pas pour le moment le nombre de mandats. Si Jacques Anouma le désire, il peut rempiler pour un autre bail. Et ainsi mettre un terme à ses querelles intestines, à quelques mois de la Coupe du monde.