En Côte d’Ivoire, les femmes prennent d’assaut le monde très masculin de l’arbitrage sportif.


Football, handball, volley-ball ou arts martiaux : aucune discipline n’échappe à l’irrésistible avancée des femmes arbitres en Côte d’Ivoire.  » Le phénomène n’est pas nouveau, mais il a pris de l’ampleur ces derniers mois «  explique Sédou Coulibali, chef du service des sports du quotidien ivoirien Ivoir’Soir.

Pour le handball,  » ce sont souvent d’anciennes athlètes de haut niveau qui ont participé aux championnats d’Afrique «  précise-t-il, mais pour le football ce sont des amatrices qui décident d’apprendre l’arbitrage et de passer les degrés qui leur permettront peut-être un jour d’arbitrer en championnat national. Cela n’étonne pas M. Coulibali :  » Les Ivoiriennes sont passionnées par le foot. Dans les tribunes du stade, on voit beaucoup de femmes. Elles connaissent les joueurs et les règles « .

Il continue :  » Coulibaly Maténé a été le grand précurseur en la matière. Elle a arbitré le plus grand derby du championnat ivoirien, et le public l’a applaudie à la fin. Elle est morte depuis peu, mais elle a sans aucun doute encouragé des vocations « . Ainsi, la Côte d’Ivoire compte 13 femmes arbitres réparties dans différentes disciplines -football, handball, volley-ball et taekwondo.

Le foot sera féminin ou ne sera pas

Le journaliste sportif avoue qu’au début  » c’est un peu étrange de voir une femme en tenue d’arbitre « , mais il est résolument pour l’entrée des femmes dans le monde du sport :  » on a bien créé une Coupe du monde de football pour les femmes. Si l’on veut que le foot féminin progresse, il faut qu’il y ait plus de femmes qui arbitrent les matches d’hommes. Je suis pour que cette progression continue car les femmes arbitres apportent une sensibilité que les hommes n’ont pas « .

Alors que les joueurs n’hésitent pas à se moquer ou à insulter un arbitre homme, ils font profil bas devant une femme. Lors des matchs, Sédou Coulibali a remarqué que  » les joueurs ont plus de respect, même s’ils contestent une sanction. Ils viennent les mains derrière le dos et s’expriment poliment « . Car les femmes sont impartiales mais surtout intraitables :  » Elles sont moins tolérantes dans l’application des règles du jeu. Elles ne discutent pas : elles s’imposent « .