Vainqueur de la Coupe de France vendredi soir face à Evian (3-2), Bordeaux a fait d’une pierre deux coups en assurant sa qualification pour la Ligue Europa la saison prochaine et aussi le Trophée des Champions, qui aura lieu le 3 août face au PSG, au Gabon. Une destination qui ne réjouit pas vraiment l’entraîneur des Girondins, Francis Gillot.


Il est certaines petites phrases qui peuvent se révéler assassines. A la sortie d’une finale de Coupe de France gagnée face à Evian au Stade de France vendredi soir (3-2), les Girondins de Bordeaux ont sauvé une bien triste saison sur le plan sportif. Un titre qui donne le droit au club au scapulaire d’aller disputer le Trophée des Champions face au champion de France, le Paris Saint-Germain.

Une rencontre qui va décerner le premier titre de la saison prochaine à l’une des deux équipes et qui va se dérouler le 3 août prochain à Libreville, au Gabon. Une destination qui vient après les éditions qui se sont déroulées à Montréal, Radès, Tanger et New York, mais qui visiblement à de quoi interpeller Francis Gillot.

Gillot : « Le Gabon, un choix surprenant« 

« Pour l’instant, je n’ai pas encore pensé à ça. Je prends quinze jours de vacances sans penser football, je fais le vide, et je vois ça à partir du 15 juin, afin de préparer la saison prochain« , a d’abord fait savoir le technicien bordelais, avant de poursuivre, réservé : « Après, le disputer au Gabon, ça paraît surprenant. Je ne sais pas pourquoi on va là-bas, mais je vais me renseigner. » Des propos faisant écho à ceux de son président, Jean-Louis Triaud : « Quelle drôle d’idée ! Il faut notamment vacciner les joueurs assez tôt. Mais il faut y aller, alors on ira. »

Alors pourquoi le choix du Gabon serait-il si surprenant ? N’est-ce pas dans la continuité de la politique de la Ligue de football de poursuivre sa promotion du football français depuis 2009 et l’exportation de ce match hors de France ? Justement lors de l’année 2009 et du premier Trophée des Champions qui s’est déroulé hors de France, à Montreal, Francis Gillot aurait-il trouvé ce choix là aussi surprenant ?

Un pays coutumier des grands événements

Alors certes en terme de distance, il faut à peine plus de temps pour se rendre au Québec qu’au Gabon, mais tout de même. Car il faut voir un peu plus loin, ce n’est sans doute pas à une question de trajet dont l’entraîneur girondin faisait allusion. Mais qu’il se rassure. Loin des stéréotypes qui ont la vie dure, l’Afrique et le Gabon en particulier, est en mesure d’accueillir une telle rencontre.

En 2012, le pays des panthères à organisé la CAN 2012, conjointement avec la Guinée Equatoriale, sans que le moindre incident ne soit à déplorer tant en terme de sécurité que sur le plan sanitaire. En novembre 2012, c’est même le Portugal que les Gabonais avaient reçu, le temps d’un match amical de prestige (2-2). Là aussi, aucun incident particulier. Le pays s’apprête même à accueillir sur son sol le New York Forum à Libreville, un grand rendez-vous économique mondial. Rien que ça.

Les Bordelais seront surpris et pourraient même regretter Libreville lorsqu’ils se retrouveront au fin fond d’un pays de l’Est pour y disputer un match de Ligue Europa face à une obscure équipe du type Mlada Boleslav (histoire de faire là aussi dans le cliché). Alors, si le technicien bordelais a quelques craintes concernant le Gabon, son milieu de terrain international gabonais André Biyoko-Poko devrait pouvoir le rassurer sur ce domaine : il y a des infrastructures sportives de qualité, des hôtels 5 étoiles, une police et même des hôpitaux. En somme, ce n’est pas la brousse.