C’est l’Afrique du Sud qui accueillera, en 2010, la Coupe du monde de football. Le passage de flambeau aura lieu, vendredi, à Berlin où les autorités sud-africaines lanceront « Africa’s calling » (l’appel de l’Afrique). Loin des nombreuses critiques qui pèsent sur leur capacité à organiser cette grande première africaine.


L’Afrique du Sud sera l’hôte de la Coupe du monde de football en 2010. Une première pour le continent africain et un défi pour la Nation Arc-en-ciel qui doit déjà essuyer de nombreuses critiques. Le passage du flambeau, entre l’Allemagne et l’Afrique du Sud, assimilé à un voyage vers le Mondial 2010 dénommé « Africa’s calling » (l’appel de l’Afrique) débutera ce vendredi, au Tempodrom de Berlin, à partir de 14h en présence du secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, du Président sud-africain Thabo Mbeki et de celui de la Fédération internationale de football (Fifa) Joseph Blatter. Les plus grandes stars du ballon rond africain, comme le Libérien George Weah et le Camerounais Roger Milla devraient être aussi de la partie.

L’emblème officiel de la Coupe du monde 2010 sera dévoilé à l’occasion de cette cérémonie, qui sera suivi d’un concert géant dénommé “Football for a Better World – From Germany to South Africa ”(Le football pour un monde meilleur – De l’Allemagne à l’Afrique du Sud) qui verra la participation de nobreux artistes dont Youssou N’Dour, Rokia Traoré, Angélique Kidjo, Tiken Jah Fakoly, Vusi Mahlasela, MC Solaar et Wyclef Jean. Nelson Mandela, le très charismatique ancien Président sud-africain, délivrera également un message vidéo.

Le football au service du développement

« Africa’s calling » fait partie intégrante du programme « Gagner en Afrique avec l’Afrique », annoncé le 18 janvier dernier, au Caire, par Joseph Blatter lors de la 28e assemblée générale de la Confédération africaine de football (CAF). Validé par le 56 e congrès de la Fifa, il rentrera officiellement en vigueur le 9 juin prochain, date de la fin du Mondial 2006. Son objectif : créer des ligues professionnelles sur le continent africain afin que ce dernier ne soit pas privé de ses talents footballistiques. Un projet très onéreux qui sera notamment financé par les fondations de Nelson Mandela et de Bill Clinton, l’Union Africaine et les sponsors de la Fifa.

Ses corollaires seront, entres autres, la construction de nouveaux terrains de jeu (avec du gazon synthétique), la formation des dirigeants sportifs et la promotion de la médecine du sport. Dans la même veine, la cérémonie de vendredi sera l’occasion pour la Fifa de présenter “6 villages for 2006”, une initiative conduite en partenariat avec l’association SOS Villages d’Enfants pour la construction d’orphelinats dans le monde, dont deux en Afrique du Sud et au Nigeria. Les autorités du football mondial se donnent, par conséquent, quatre années pour démontrer que le ballon rond peut aussi participer au développement de l’Afrique.

Reste à convaincre les plus sceptiques

En attendant, les critiques vont bon train sur la capacité de l’Afrique du Sud à organiser la fête du football en 2010. Le quotidien sud-africain Sunday a, en effet, révélé le week-end dernier que la Fifa, pour parer à toute éventualité, aurait demandé à l’Australie d’être sa roue de secours. L’organisation craindrait la criminalité galopante en Afrique du Sud et la pandémie du sida. Ce à quoi, Danny Jordan, le président du comité d’organisation de South Africa 2010 aurait rétorqué : « Qu’est-ce qui a changé depuis (2004, ndlr) que l’on nous a attribué l’organisation de la Coupe du monde 2010 ? ».

L’information, démentie lundi par la Fifa, a aussi provoqué la colère des responsables de l’ANC (African National Congress), le parti au pouvoir, qui y voit une manœuvre de ses adversaires politiques. En tête, l’Alliance Démocratique (DA), parti dont le porte-parole Donald Lee a indiqué que son pays n’avait rien fait pour « mériter [la] confiance » de la Fifa. Comme en témoigne le retard pris par le gouvernement dans la réalisation des infrastructures, relatives notamment aux transports. Il nous faut agir maintenant. « Il nous faut un leadership clair, des objectifs clairs, des budgets clairs et des calendriers clairs », a conclu M. Lee. Le défi est lancé !