Nombre de sélections africaines ont effectué leurs derniers réglages, ce week-end, avant de se disputer la 24ème Coupe d’Afrique des Nations, en Tunisie, du 24 janvier au 14 février prochain. Certaines se sont rassurées, d’autres restent dans le doute, d’autres encore n’ont même pas pu jouer, faute de moyens.


Plus que cinq jours avant le début de la 24ème Coupe d’Afrique des Nations (Can). Les sélections qualifiées avaient jusqu’à ce week-end pour tester leurs crampons et affiner leurs stratégies. Deux des favoris, la Tunisie, organisatrice de la compétition, et le Sénégal, finaliste de la dernière édition, se sont rassurés en l’emportant respectivement face au Bénin et à l’Afrique du Sud. L’outsider malien a fait encore mieux, en allant vaincre l’Algérie sur ses terres : 0-2. Les Pharaons égyptiens, quadruples champions d’Afrique, se sont fait peur en concédant le nul, chez eux, face au Burkina Faso (1-1).

De nombreuses autres équipes n’ont pu évaluer leurs forces, à une semaine de la grande fête africaine du football, qui se tient du 24 janvier au 14 février prochains. Le Kenya, dont la participation avait été un temps compromise, faute de moyens financiers, et le Zimbabwe, qui vit sa plus grave crise économique depuis l’indépendance, ont vu leurs matchs amicaux annulés les uns après les autres. La préparation de la sélection de République démocratique du Congo (RDC), en Egypte la semaine dernière, a été tout aussi mouvementée. Logés dans le centre de formation d’un club du pays (Arab Contrac-tor’s), les Simbas ont exigé leur déménagement dans un hôtel cinq étoiles. Selon la presse congolaise, ils auraient même réclamé 20 000 dollars à leur fédération avant le début de la Can.

Tunisie et Sénégal d’attaque

Roger Lemerre, l’entraîneur français qui doit ramener à la Tunisie sa première coupe africaine, a pu tester 17 joueurs, samedi, face aux Ecureuils béninois. Le public n’a pu le loisir de voir évoluer le défenseur de l’Ajax Amsterdam, Hatem Trabelsi, nominé au titre de meilleur joueur africain 2004, qui se remet de légères douleurs musculaires. Il a néanmoins pu admirer le talent d’un autre joueur expatrié, le néo-Tunisien Silva Dos Santos. Pour sa première sortie avec la Tunisie, l’attaquant d’origine brésilienne du FC Sochaux a marqué dès la neuvième minute de jeu. La victoire fut néanmoins difficile, puisqu’il a fallut attendre la 93è minute pour voir les locaux passer devant le Bénin, qui avait égalisé à la 60è minute. De quoi se rassurer, tout de même, avant d’affronter le Rwanda en match d’ouverture de la Can, le 24 janvier. Le Bénin, qui défie une Afrique du Sud également défaite par le Sénégal, aura deux jours de plus pour récupérer.

Rien ne fut facile pour les quart de finalistes de la Coupe du monde 2002. « Seule la victoire est belle », souligne d’ailleurs Sud Quotidien, qui sait que les supporters sénégalais ne pensent qu’au titre. Les Lions de la Terenga, menés 1-0 après un quart d’heure de jeu, ont attendu la 29è minute pour égaliser, et la 80è pour passer devant… sur un but contre son camp du capitaine sud-africain. Une victoire laborieuse qui a peu dévoilé de l’état de forme des Pape Bouba Diop, Henry Camara, Mamadou Niang ou El Hadj Diouf. De leur côté, les Bafana Bafana ont paru moins affectés qu’ils n’auraient pu l’être par la polémique qui les touche actuellement : leur entraîneur vient d’être limogé parce qu’il n’a pas sélectionné les stars européennes.

Le Mali en embuscade

Le Aigles du Mali ont confirmé en Algérie qu’il faudra compter avec eux lors de cette Can. Ils ont battu les Fennecs 2-0, avec la manière, en marquant dès la 4è minute de jeu. Encouragés par une partie du public du Stade du 5 juillet, en deuxième période, ils ont enfoncé le clou à la 50è minute « comme à l’entraînement », selon El Watan. Le Mali, qui affronte le Kenya le 26 janvier, a pu constater l’apport offensif du Franco-Malien de Totthenam (Angleterre), Frédéric Kanouté. Rien de rassurant pour les Fennecs, qui démarrent la compétition le 25 janvier face aux tenants du titre camerounais. Ces derniers n’ont pas joué ce week-end. Leur semaine a été occupée par une rumeur selon laquelle l’attaquant Patrick M’Boma a été imposé dans la sélection par le chef de l’Etat.

Les Pharaons égyptiens, futurs adversaires des Lions Indomptables et de l’Algérie, n’ont pas brillé à Port-Saïd, où ils ont été tenus en échec par le Burkina Faso (1-1). Les Etalons avaient déjà ramené le match nul d’Egypte lors de la préparation à la Can 2002, rappelle Sidwaya. Ce qui n’est pas forcément un bon signe, puisqu’ils n’avaient pas été éblouissants durant la compétition. Mais ils ne comptaient pas Moumouni Dagano, dit « Momo », dans leurs rangs. L’attaquant de l’En-Avant Guingamp, auteur de deux hat-tricks cette saison en Ligue 1 (première division française), est en pleine réussite. C’est lui qui a inscrit le but burkinabè (38è), avant que les Pharaons n’égalisent en seconde période. El Hadj Diouf, Sélim Benachour (Tunisie), Frédéric Kanouté, Ahmed Hossam Mido (Egypte) ou encore Moumouni Dagano, cette Can a tout pour être celle de l’attaque et de la jeunesse.