Prêté par le Real Madrid au Borussia Dortmund jusqu’en juin prochain, Achraf Hakimi (21 ans) est en train d’éclabousser son talent aux yeux du monde entier. En tant que latéral ou ailier, ses montées, sa percussion et ses centres font des ravages, mais l’international marocain a aussi un discours très intéressant à faire entendre en tant que citoyen, lui qui dénonce notamment les contrôles de police abusifs en Espagne, le pays où il est né et a grandi.

«Bien sûr que j’ai souffert du racisme dans ma vie. Peu importe ma carte d’identité et mon passeport. J’ai un nom arabe et une tête de Marocain», a glissé le Lion de l’Atlas dans les colonnes d’El Mundo. «Je peux être à bord d’une belle voiture, avec une casquette sur la tête, quittant le Bernabeu ou un dîner entre amis. Systématiquement, la police nous arrête, pensant que nous sommes des voleurs. C’est toujours la même chose avec les étrangers. Sans mépriser personne, un Espagnol ou un Blanc ne se font pas arrêter dans ce genre de situation.»

Même s’il est né en Europe, le vainqueur de la Ligue des champions 2017/18 se sent profondément africain et ses déplacements à travers le continent l’ont marqué à jamais. «Heureusement ou malheureusement, je viens d’Afrique, le tiers monde. Avec la sélection marocaine, j’ai eu l’occasion de me rendre dans de nombreux pays. Ça te fait réaliser ce que peut être la vie. Cela me touche profondément. Je vois des gens qui souffrent et essayent de quitter cette région à la recherche d’une vie meilleure. Ça me rend triste, mais en même temps, cela m’encourage à continuer à me battre en étant conscient que j’ai de la chance d’avoir ce que j’ai», a conclu Hakimi. Un message fort !