Le Togo ne se laisse pas faire. Après la décision inexplicable de la CAF de suspendre les Eperviers de la CAN pour 4 ans, le Togo a porté plainte à Paris contre le FLEC, qui avait revendiqué l’attentat contre le bus du Togo, qui a coûté la vie à deux membres du staff togolais.


Notre correspondant

Le Togo a porté plainte jeudi, à Paris, contre le Front de Libération de l’Etat de Cabinda (FLEC), la CAF (Confédération africaine de football) et son président Issa Hayatou, après l’attaque qui a fait deux victimes au sein de la délégation togolaise le vendredi 8 janvier dernier dont l’entraîneur-adjoint et l’intendant chargé de la communication.

La plainte vise le groupe rebelle du Cabinda, le Flec (les Forces de Libération de l’Etat du Cabinda/Position Militaire) qui avait revendiqué l’attaque contre le bus transportant l’équipe togolaise, ainsi que la Confédération africaine de football (CAF),

« Actes de terrorisme », « assassinats et complicité d’assassinats », « atteinte involontaire et volontaire à la vie d’autrui » et « exposition d’autrui à des risques de mort et blessure » sont autant de chefs d’accusation que brandissent le Togo et les ayants-droit des deux personnes tuées au cours de l’attaque.

A la veille de la sanction de la CAF contre le Togo, le suspendant pour les deux prochaines CAN, Maitre Alexis Aquéréburu, l’avocat des familles des victimes de Cabinda a déposé une plainte contre l’Etat angolais et la CAF, auprès du tribunal de grande instance de Paris.

« Toutes ces instances ont fait preuve de manquement grave caractérisée, ayant conduit à l’assassinat de nos compatriotes… Nous pensons que c’est une volonté délibérée de mettre en danger la vie des personnes qui ont la volonté de participer à cette compétition », a expliqué l’avocat, également président de l’Ordre des bâtonniers du Togo.

« Nous avons déposé cette plainte devant le doyen des juges d’instruction de Paris, pour la simple raison que cet attentat a été revendiqué en France par Rodriguo Mingues, qui est de nationalité française », précise-il.

Il reviendra à la justice française de déterminer si elle a une compétence pour enquêter sur cet attentat qui n’a pas fait de victime française, a précisé une source judiciaire.

Mi-janvier, le parquet de Paris a ouvert lui aussi une enquête pour « apologies d’actes de terrorisme » suite à cette attentat revendiquée par Rodrigues Mingas, secrétaire général du mouvement rebelle. Dans la foulée, la CAF a décidé samedi de suspendre le Togo pour les deux prochaines Coupes d’Afrique des Nations. La CAF invoque « l’interférence gouvernementale ayant abouti au retrait de l’équipe nationale togolaise ». Une sanction inhumaine décriée par tous les acteurs mondiaux du football.