Le FC Barcelone comptera de nouveau sur Eto’o, auteur de onze buts en autant de rencontres de championnat, depuis son retour de blessure, pour l’emporter ce samedi face au Betis Séville. Son coéquipier Henry, auquel la presse l’a beaucoup opposé par le passé, peut encore montrer que le club catalan ne s’est pas trompé en le recrutant cet été.


La presse espagnole l’avait annoncé partant pour l’Italie ou l’Angleterre, lors de la pré-saison 2007-2008, presque poussé vers la porte de sortie du club où il avait explosé, en prévision du recrutement du « Fantastic » français Thierry henry, en provenance de Londres. « Et si je dis que je ne veux pas partir ? Je suis propriétaire de mon avenir, avait répondu Samuel Eto’o. J’ai une idée très claire de ce que je veux. » Aujourd’hui, avec un Ronaldinho non sélectionné par l’entraîneur et qualifié en Espagne de « malade imaginaire », et un Lionel Messi blessé, c’est bien sur l’international camerounais que supporters et dirigeants du FC Barcelone se raccrochent pour recoller aux basques du Real Madrid, premier de la Liga.

Quant à Thierry Henry… L’ancien Gunner d’Arsenal est le deuxième meilleur buteur du club (7 buts en championnat, 3 en Ligue des Champions), derrière le génie argentin Messi, mais ses prestations laissent supporters et journalistes sur leur faim. Après un match raté contre le Villareal de son ancien coéquipier à Arsenal, Robert Pirès, il a pour la première fois mis en avant des problèmes de vie privée, avec l’éloignement d’une fille élevée en Grande-Bretagne par son ex-femme, pour expliquer ses défaillances sur le terrain. Ce qui n’a fait qu’agacer la presse nationale. Des problèmes récurrents au dos ont même poussé l’entraîneur des Blaugrana, Frank Rijkaard, prompt à prendre la défense des plus indéfendables, comme Ronaldinho, à assurer que l’on n’avait pas encore vu Henry à son vrai niveau.

Eto’o indiscutable

Du coup, les journalistes qui bavaient de voir les deux ego surdimensionnés, tous deux sevrés de Ballons d’Or, dans le même effectif, n’en ont pas pour leur argent. Eux qui les avaient montés l’un contre l’autre, par bribes d’interviews interposées, se demandent si Henry peut vraiment jouer, sur le long terme, comme il l’a fait lors de son hat-trick face à Levante ou de son grand match contre Murcie (4-0). A moins que son positionnement sur la gauche de l’attaque catalane, un poste qu’il tenait à Monaco, ne l’avantage pas dans la comparaison avec Eto’o ?

Car Rijkaard a fait son choix. Et il n’y a pas de discussion possible sur le poste d’avant-centre. Eto’o y est indiscutable depuis son retour de blessure, en novembre dernier, et encore plus depuis qu’il est rentré de la Coupe d’Afrique des Nations 2008. Il faut dire qu’en onze matchs de championnat, le Camerounais a trouvé le chemin des filets à onze reprises… Henry voit même le jeune Bojan, dont il est l’idole, lui être préféré ces dernières semaines.

« Moi j’aimerais bien qu’il prenne Titi, expliquait Eto’o en parlant d’Henry, lorsqu’il écrasait encore le championnat anglais de sa classe. C’est mon pote (…) [Mais] s’il vient au Barça en pensant qu’il va mettre Samuel Eto’o sur le banc, je dis non, avait-il prévenu (…) On jouera ensemble. Nous serons coéquipiers. Et si le coach doit faire son choix pour un match précis, c’est son problème, pas le mien.»