La police sud-africaine va ouvrir une enquête pour corruption, visant deux anciens présidents de la fédération de football, Danny Jordaan et Molefi Oliphant, soupçonnés d’avoir joué un rôle dans le versement d’un pot-de-vin en vue d’obtenir l’organisation de la Coupe du monde 2010.


Vers de nouvelles révélations dans le scandale de corruption qui éclabousse la FIFA depuis le mois de mai ? La police sud-africaine a annoncé l’ouverture d’une enquête visant le président de la fédération de football, Danny Jordaan ainsi que son prédécesseur, Molefi Oliphant, au sujet de l’attribution du Mondial 2010, le premier à s’être déroulé sur le continent, à l’Afrique du Sud.

Deux courriers rédigés par les deux dirigeants et faisant état d’une volonté de subventionner le développement du football aux Caraïbes ont mis les policiers sud-africains sur cette piste, alors que le pays est soupçonné d’avoir obtenu le vote de Jack Warner, un ancien vice-président trinidadien de la FIFA et de la Concacaf, contre le versement de 10 millions de dollars pour un projet dans le but « d’aider la diaspora africaine dans les Caraïbes« . Une somme considérée par la justice américaine comme un pot-de-vin.

Dans le viseur des autorités judiciaires suisse et américaine depuis la série d’interpellations à la veille du congrès de la FIFA, l’Afrique du Sud, par l’intermédiaire de Danny Jordaan, a reconnu avoir versé la somme de 10 millions à la FIFA… mais quatre ans avant l’obtention de la Coupe du monde 2010. « Comment aurions-nous pu payer un pot-de-vin pour des voix quatre ans après avoir été choisis ?« , s’interrogeait alors le président de la fédération.

Dossier entre les mains de la police de Cape Town

Thèse battue en brèche par le Sunday Times, avec à l’appui un enregistrement d’Ismail Bahmjee, alors membre du comité exécutif de la FIFA, révélant que l’attribution du Mondial 2010 à l’Afrique du Sud était scellée avant le vote, le scrutin ayant été truqué alors que le Maroc avait obtenu plus de voix que son rival Bafana Bafana. Face à tous ces soupçons, un dossier de plainte de 14 pages a été déposé à la police de Cape Town.

« Nous avons déposé plainte pour corruption et fraude contre les deux individus (Jordaan et Oliphant, ndlr) pour complicité dans le versement à la Concacaf de 10 millions de dollars et non à l’Afrique du sud« , a indiqué à l’AFP le juriste Solomon Malatsi, pour qui Jordaan et Oliphant sont « des éléments centraux dans cette affaire.«