Présent ce samedi à Salé au Maroc dans le cadre d’un séminaire sur le développement des compétitions et des infrastructures footballistiques en Afrique, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a lâché une nouvelle bombe. Le dirigeant souhaite en effet modifier la périodicité de la CAN afin que la compétition phare du continent africain se déroule tous les 4 ans, contre tous les 2 ans actuellement !

«Je propose d’organiser la Coupe d’Afrique des Nations tous les 4 ans plutôt que 2 ans pour la rendre plus commercialement viable et attrayante au niveau mondial», a développé le boss du football mondial en insistant sur l’aspect financier. «La CAN génère vingt fois moins (de revenus, ndlr) que l’Euro. Avoir une CAN tous les deux ans, c’est bien au niveau commercial ? Cela a développé les infrastructures ? Réfléchissez à la passer à tous les quatre ans !»

La CAF réceptive ?

Au vu de la situation actuelle, avec la Confédération africaine de football (CAF) quasiment placée sous la tutelle de la FIFA, on se doute bien que cette proposition a presque valeur d’injonction que la CAF pourrait très prochainement suivre… Plus prosaïquement, Infantino espère certainement qu’une CAN tous les 4 ans permette d’éviter les conflits de calendrier avec le Mondial des clubs, qui aura lieu lui aussi tous les 4 ans à partir de 2021. Actuellement, les deux compétitions tombent sur la même année tous les 4 ans, ce qui a conduit à reprogrammer la CAN 2021 en janvier/février au lieu de juin/juillet. Avec une CAN tous les 4 ans, ce souci ne se poserait plus en revanche. La CAN pourrait par exemple avoir lieu tous les 4 ans à partir de 2027 (les éditions précédentes sont déjà attribuées), tandis que le Mondial des clubs se déroulerait en 2025, 2029, etc…

Après avoir déjà consenti à changer la «saison» de la CAN en 2019, la CAF est-elle prête à abandonner un autre marqueur identitaire fort en organisant la compétition tous les 4 ans ? Cela permettrait certes de donner plus de temps aux différents pays-hôtes pour préparer l’organisation de la compétition, mais si on raisonne en termes de progression sportive des sélections africaines et de développement des infrastructures, il ne s’agirait pas forcément d’une bonne nouvelle (moins de matchs officiels; moins de pays « obligés » d’améliorer leurs stades)… En tout cas, ce sujet devrait très prochainement s’inviter sur le bureau de la CAF.