En pleine campagne électorale, les candidats à la présidence de la FIFA rivalisent de superlatifs pour tenter de séduire le continent africain. Même si le prince jordanien Ali Ben al-Hussein dit espérer « le soutien de toute l’Afrique », Sepp Blatter, le président sortant, part avec plusieurs longueurs d’avance… et ne rate pas une occasion pour caresser les dirigeants africains dans le sens du poil.


A l’approche des élections pour la présidence de la FIFA, programmées le 29 mai prochain à Zurich, Sepp Blatter et ses trois concurrents multiplient les déclarations flatteuses à l’égard de l’Afrique. Pour le Suisse, comme pour Michael van Praag, Luis Figo et Ali Ben al-Hussein, qui rêvent de mettre un terme à son hégémonie, l’objectif est le même : s’attirer les faveurs des présidents des fédérations du continent, qui représentent 54 des 209 voix appelées à se prononcer.

Jouant sur la fibre « pays en développement », le prince jordanien Ali Ben al-Hussein a été le premier à dégainer. Lundi, il a entamé une tournée en Afrique en commençant par le Zimbabwe. « J’espère que j’obtiendrai le soutien de toute l’Afrique« , a déclaré l’actuel vice-président de la FIFA à la BBC. « Je viens aussi d’un pays et d’une région où le football est en progression. Mon projet est de développer le talent et le mener à un niveau de classe mondiale. C’est pour cette raison que je suis en Afrique en particulier et que je postule au poste de président de la FIFA« , a poursuivi le dirigeant.

« L’Afrique, le continent du football« , selon Blatter

Comme ses quatre concurrents, il participera à l’assemblée générale de la CAF la semaine prochaine au Caire. Même s’ils sont louables, les efforts des candidats à la présidence de la FIFA sont sans doute vains. Le soutien de la CAF – et des fédérations qui la composent – à Sepp Blatter est acquis. Malgré les nombreuses casseroles que traîne le Suisse, les dirigeants du continent le considèrent toujours comme celui qui a offert la première Coupe du monde au continent africain en 2010.

Plus prosaïquement, certains présidents de fédérations voient leurs noms cités dans les mêmes affaires que Sepp Blatter. Ils ont donc un intérêt au maintien du Suisse à la tête de la FIFA, histoire d’assurer leurs arrières. Malgré cette mainmise sur le continent, le président sortant, en quête d’un cinquième mandat consécutif, a préféré jouer la sécurité et en remettre une couche. Jeudi, dans les colonnes du FIFA weekly magazine, il dresse l’éloge de l’Afrique, « le continent du football« .

La CAF a déjà choisi

« Le Congrès de la CAF, organisé la semaine prochaine au Caire, sera pour nous l’occasion de témoigner au football africain l’estime et le respect qu’il mérite« , flatte Sepp Blatter. « Le football africain regorge aujourd’hui d’une telle vitalité que sans lui, les grands championnats européens et asiatiques ne rencontreraient pas le même succès« , assure-t-il.

Sepp Blatter loue aussi la « progression constante » du football africain dont « le mérite revient aussi à Issa Hayatou, le président de la CAF » et ami de longue date du Suisse. Une amitié que le Camerounais lui rend bien. A l’automne dernier, il a explicitement appelé les présidents des Fédérations de la zone CAF à voter en faveur de Blatter. Et tout porte à croire que ses consignes seront suivies le 29 mai prochain.