Les nouvelles autorités de l’Association de football nationale, née dans la douleur, ne veulent pas que la Fédération internationale de football examine ses comptes. Zizanie en Tanzanie.


A Zurich, la si paisible capitale de l’establishment du football mondial, on commence à trouver qu’ils sont coriaces, ces Tanzaniens. C’est dans un esprit tout aussi amical qu’hégémonique que la Fédération internationale de football (FIFA) aspirait à déléguer deux de ses  » auditeurs  » pour inspecter les comptes de l’association de football de Tanzanie (FAT). Las ! Les interlocuteurs Tanzaniens, nouvellement élus à la tête de leurs instances dirigeantes nationales, ont récusé l’offre plus ou moins poliment.

La FIFA, habituée à plus de déférence de la part des leaders du football, s’est récriée de ses bonnes intentions. Depuis, elle reste sans voix.

Union sacrée

Les élections fédérales ayant permis de renouveler les instances du football tanzanien se sont mal passées. L’ancienne et la nouvelle équipe s’enferrent dans un conflit de légitimité nourri, à en croire la presse locale, par un différend sur l’état budgétaire de la FAT. En envoyant une mission d’audit, la FIFA espérait apaiser les esprits échauffés. Elle se sentait d’autant plus légitime dans sa mission que l’instance zurichoise est un financeur important de la FAT.

Mais l’initiative n’a pas été du goût de la FAT, qui se retranche dans un bel ensemble derrière l’autorité du Conseil national des sports (NSC). Amin Bahroom, secrétaire général de la Fédération, vient ainsi de déclarer que  » les lois locales de chaque pays membre des instances internationales doivent primer, même en matière de sports ».