La prédominance du football, sport-roi en Afrique, a longtemps tardé à se traduire en résultats probants lors des différentes Coupes du Monde. Trois éclairs traverseront ce ciel terne : l’Algérie de Madger en 1982, le Cameroun de Milla en 1990 et enfin le Nigeria d ‘Amokachi et consorts, quatre ans plus tard.


Le Cameroun, la Tunisie ; le Sénégal, l’Afrique du Sud et le Nigeria possèdent d’ores et déjà leurs billets pour la Coupe du monde 2002. Mais à un an de cet évènement, on peut se pencher sur les précédentes éditions de cette compétition, pendant lesquelles les pays africains ont rarement été à leur avantage. Le premier pays à s’illustrer fut l’équipe d’Algérie en 1982, avec la star Rabah Madger qui illumina le ciel espagnol de son football tout en toucher et en inspiration. Mais malheureusement un match arrangé (truqué même) entre l’Allemagne et l’Autriche priva les talentueux Algériens d’une qualification méritée au deuxième tour.

C’est véritablement en 1990 que le Monde va découvrir le football africain. Et cette révélation, le continent la doit aux Lions indomptables du Cameroun, emmenés par  » l’ancien  » Roger Milla. Les premières victimes de l’appétit des Lions furent les Argentins. Emmenés par  » el piebo del oro « , le divin lutin Maradona, les Argentins se présentaient sûrs de leur force. Mais c’était sans connaître ce football camerounais, physique tout autant que technique. Tout en puissance et fluidité. Les Argentins ne purent résister à cette déferlante et durent concéder leur première défaite face à un pays africain. A la surprise générale. Les Camerounais confirmeront leur victoire quelques jours plus tard en battant la Roumanie puis ils passeront l’écueil colombien en huitièmes de finale, mais devront s’incliner ensuite face à l’Angleterre alors qu’ils menaient 2 buts à 1 à dix minutes de la pause. Deux penaltys et une prolongation plus tard, le Cameroun ne pouvait prétendre qu’au titre de première équipe africaine à avoir atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde.

La déception nigériane

Après ces hauts faits glorieux, le Cameroun se qualifiera pour les Coupes du Monde suivantes mais sans briller. En 1994, aux Etats-Unis, les joueurs camerounais repartiront sur une défaite 6 à 1 face à la Russie. En France en 1998, un hors-jeu imaginaire les prive d’une victoire et d’une place au deuxième tour. Mais l’équipe africaine vers qui tous les spécialistes se tournent est le Nigeria. Leur football vif, puissant et très technique pouvait venir à bout de n’importe quelle défense. En 1994 déjà ils avaient été impressionnants, mais l’Italie de Roberto Baggio leur rappela que le réalisme à l’italienne n’était pas un vain mot (menés 1-0 à une minute du coup de sifflet final, les Italiens s’imposeront finalement 2-1 après prolongation).

En 1998, en France, ce fut presque la même chose.  » Les Super Eagles « commencèrent en donnant une leçon de football aux Espagnols puis dominèrent tranquillement les Bulgares. Le Nigeria était attendu. Et n’est pas arrivé… Après un  » accident  » face au Paraguay, il subit une véritable déroute (4-1) en huitièmes de finale face aux modestes Danois. Mais c’est la vérité du terrain qui prime, la défense nigériane pris l’eau de toutes parts. A ce fiasco on peut ajouter l’élimination des 4 autres pays africains au premier tour.

Le constat est donc aigre-doux. Mais cela exprime l’inconstant génie du football africain. Un football fait de beauté et de puissance. Mais un football qui tarde à se professionnaliser malgré l’exode des joueurs en Europe. Ce qui reste vrai avec le football africain, c’est que l’on peut toujours espérer, car ces joueurs ont prouvé sur les terrains de toute la terre qu’ils étaient capable du meilleur -comme du pire. Et le meilleur, n’en doutons pas, ce sera pour 2002 et la Coupe du monde Japon Corée.