Frédéric Kanouté réalise un superbe début de saison avec le club espagnol du FC Séville. Il est en tête du classement des buteurs de la Liga. Formé à Lyon, cet attaquant de 29 ans, ayant évolué en Premier League, semble vivre une seconde jeunesse en Andalousie. Portrait.


Frédéric Kanouté a changé de statut. Son nouveau but lors de la victoire du FC Séville face au Real Madrid, 2 à 1, lors de la dernière journée, vient le confirmer. En portant son compteur à onze réalisations, le sévillan est le meilleur buteur de la Liga, à égalité avec Ronaldinho et Diego Milito. Ambitieux, le goleador postule désormais pour le titre tant convoité de « Pichichi » (meilleur buteur) de la Liga. Sa réussite actuelle rejaillit sur le collectif sévillan.

Kanouté est pour beaucoup dans l’excellent début de son club. Après 14 journées, ce dernier occupe la deuxième place du classement de la Liga, à seulement deux points du Barca, tout en poursuivant une série de sept victoires consécutives à domicile… Le moral est donc au beau fixe pour le franco-malien. Lors de la 2e journée, face à la Real Sociedad, il s’est même payé le luxe d’entrer dans l’histoire du club, en inscrivant le 3000e but de l’histoire du FC Séville en Liga. S’il se révèle aujourd’hui comme un des meilleurs éléments du championnat espagnol, tout ne fut pas si facile pour lui par le passé.

Un parcours atypique

Très tôt, en 1999, après avoir passé trois ans à Lyon, son club formateur, où il a inscrit 16 buts en 33 matches, Kanouté s’exile en Angleterre. En choisissant de signer à West Ham, il prend un risque. Quittant un des meilleurs clubs français avec le statut d’international espoir, il débarque à 22 ans dans un club de milieu de tableau de Premier League, de surcroît beaucoup moins exposé médiatiquement que l’OL.

Outre-Manche, où il évolue six saisons, ses prestations laissent une impression mitigée. Ni étincelant ni mauvais, l’attaquant enchaîne les saisons avec une moyenne de dix buts par saison. Il débarque ensuite à Tottenham en 2003, perçu comme un joueur expérimenté de niveau moyen, capable de bonnes choses mais encore trop irrégulier… jusqu’à l’été 2005 et son arrivée à Séville, synonyme de renouveau.

En concurrence avec Saviola et Luis Fabiano, Kanouté va réussir à gagner la confiance de son entraîneur Juande Ramos, qui du coup, est totalement satisfait par le début de saison tonitruant de son buteur.
L’international Malien a confié récemment à l’AFP, vivre « sa meilleure période en tant que joueur ». Cela est tout à fait compréhensible tant son arrivée en Andalousie a donné une nouvelle dimension à sa carrière. Cette année, il y a remporté la C3, face à Middlesbrough, et la Super Coupe d’Europe, face au FC Barcelone. Mais Kanouté ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. À 29 ans, il ne veut plus perdre de temps et désire tout gagner.

Mali, le choix du cœur

Quand il s’expatrie en Angleterre, en 1999, Frédéric Kanouté se retrouve ignoré par la sélection française. Il prend alors la décision de devenir malien, pays de naissance de son père. Du coup, celui qui espérait s’imposer chez les Bleus évolue aux côtés des Aigles du Mali. Avec des joueurs comme le madrilène Mahamadou Diarra, le lensois Seydou Keita ou le parisien Sammy Traoré, l’équipe ne manque pas de talent. A deux reprises, en 2002 et 2004, Frédéric Kanouté et ses coéquipiers arrivent quatrièmes de la Coupe d’Afrique des Nations, mais s’inclinent dès le tour préliminaire de la CAN 2006, et ne réussissent pas à obtenir leur billet pour le Mondial en Allemagne.

Plus qu’un grand attaquant, Frédéric Kanouté est surtout un homme généreux, de valeur, qui n’hésite pas à s’investir beaucoup pour le Mali. Il y possède une fondation, axée sur l’éducation des enfants en général et des orphelins en particulier.

A Séville, Kanouté semble avoir trouvé un environnement propice à son éclosion. Samedi prochain, à l’occasion de la quinzième journée de la Liga, il entrera sur la pelouse du Recreativo Huelva, déterminé, avec ses deux objectifs en tête : devenir champion d’Espagne et « pichichi » à l’issue de la saison.