Le milieu du football français disait Vikash Dhorasso atypique. Il l’est encore plus depuis qu’il est devenu, mercredi, le premier joueur de l’histoire du championnat national licencié par son club. L’ex milieu de terrain du Paris Saint-germain pourrait finir la saison du côté de Strasbourg ou de Bolton, en Angleterre.


« Atypique ». C’est l’adjectif qui revient le plus souvent dans la bouche de ceux qui l’apprécient, comme de ceux qui ne l’aiment pas. Depuis mercredi, le footballeur Vikash Dhorasso est aussi « désobéissant » et « provocateur ». Il a reçu une lettre recommandée de son club, le Paris Saint-germain (PSG), lui indiquant son licenciement pour « manquements à son obligation de réserve et son devoir de loyauté », pour des « actes d’insubordination, de désobéissance » et « une attitude de provocation permanente ». Il n’en reste pas moins atypique, puisqu’il est le premier joueur professionnel à faire les frais d’une telle mesure disciplinaire depuis l’établissement de la Charte du football professionnel, en 1973.

Des relations difficiles avec son entraîneur

A l’origine de cette affaire, d’un côté, Bernard Lacombe, l’entraîneur du PSG, qui n’hésite pas à envoyer ses joueurs vedettes se rafraîchir les idées en championnat de France amateur (CFA). De l’autre, Vikash Dhorasso, 33 ans, 18 sélections en équipe de France, passé par Lyon et le Milan AC, que cela n’amusait plus. En février 2006, le footballeur d’origine mauricienne avait survécu à un voyage en CFA où son ancien entraîneur, Laurent Fournier, l’avait envoyé. Mais au lendemain de la défaite du PSG face à l’Olympique de Marseille (3-1), le 10 septembre dernier, au Parc des Princes, Dhorasso a été privé de quatre matchs : face à Derry (Irlande du Nord), en Coupe de l’UEFA, contre Monaco et Nancy, en championnat, et contre Lorient, en Coupe de la Ligue.

« Vikash doit patienter un peu, il sait ce qu’il doit faire, il sait pourquoi il ne joue pas. Il n’y a aucun souci, aucune relation conflictuelle, juste une différence d’appréciation dans les règles de vie », déclare alors Guy Lacombe. Dhorasso, « humilié », multiplie les interviews, expliquant que son entraîneur a menti en le plaçant sur la liste des joueurs blessés alors qu’il ne l’est pas. C’est le clash. Les convocations au bureau de son président, Alain Cayzac, se succèdent, jusqu’à la sanction attendue. L’international français a fait savoir par son avocat, Me Olivier Martin, qu’il conteste « les griefs invoqués à son encontre et la mesure de licenciement ». Et qu’il va « engager une procédure judiciaire » afin d’être indemnisé des préjudices qu’il a subis.

Un petit pont sur Deschamps l’éloigne des Bleus

Vikash Dhorasso est « atypique »… dans le monde du football. Le lecteur de Vacarme (trimestriel culturel, politique et social), fan des Pixies et du Velvet Underground est coutumier des polémiques. Le film qu’il a tourné en caméra super 8 durant la dernière Coupe du monde de football, en Italie, lui a valu les mises en garde de la Fédération française de football et les critiques de certains de ses coéquipiers. Mais sa plus belle histoire, il l’a écrite en 1999, lorsque dans une belle journée d’août, à l’occasion d’un entraînement de l’équipe de France, il a osé – et réussi – un petit pont, humiliation suprême, sur le capitaine Didier Deschamps. « La qualité des entraînements de Vikash et son implication ne lui autorisaient pas spécialement ce genre de geste », déclare alors Marcel Desailly. Dhorasso s’est demandé jusqu’en 2004, date à laquelle Raymond Domenech l’a rappelé en sélection, si sa mise à l’écart des Bleus était due à son « café-crème » (petit pont) sur Deschamps.

A l’issue de la Coupe du monde, Vikash Dhorasso n’a pas annoncé la fin de sa carrière internationale. « Car tout le monde s’en fout », dit-il. Il pourrait finir la saison du côté de Strasbourg, où l’entraîneur Jean-Pierre Papin est intéressé par le milieu de terrain, ou encore à Bolton, en Angleterre.