Le comité d’Urgence de la Fédération internationale de football, saisi par le président de la Fifa, a annoncé, le 17 mars dernier à Zurich, toute une série de mesures visant à mettre fin aux naturalisations abusives de joueurs. Les nouvelles dispositions obligent le prétendant à avoir des liens plus étroits avec sa nouvelle patrie d’adoption.


Par Stella Dikutala

« Tout joueur adoptant une nouvelle nationalité sans avoir de lien avec ce pays n’est pas éligible en équipe représentative de cette association » rapporte le comité d’Urgence de la Fédération internationale de football (Fifa). Ce dernier a annoncé, le jeudi 17 mars, l’adoption d’une série de mesures contre les pratiques de naturalisation sauvages, estimant qu’un joueur international doit expréssement avoir un lien avec le pays qu’il représente.

Des naturalisations abusives qui servent surtout à renforcer certains onzes nationaux lors de grandes compétitions. Lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2004, on se souvient, par exemple, que le joueur brésilien Silva Dos Santos fut naturalisé tunisien trois semaines avant les débuts de la compétition. « La naturalisation permettant à des joueurs qui n’ont aucun lien avec leur nouveau pays de jouer avec l’équipe nationale ne reflète pas l’objet des statuts. C’est pourquoi ce type de pratiques doit être immédiatement interdit» a déclaré Sepp Blatter, le président de la Fifa, dans un communiqué de presse.

Un nouveau règlement

La décision du comité d’Urgence considère désormais ce procédé comme illicite, sous réserve de certaines conditions. Pour être conforme à l’esprit du règlement d’application, le comité a fixé de nouvelles règles. Le joueur candidat à une naturalisation doit : soit être né sur le territoire de l’association concernée, soit avoir au moins un de ses parents ou grands-parents biologiques né sur le territoire, soit enfin avoir résidé au moins deux années consécutives sur ce même territoire.

La Fifa instaure un règlement qui évoque en quelque sorte le droit du sol. En effet ces conditions garantissent que le joueur a un lien direct avec le pays d’accueil. Le président de la Fifa demandera à ce que ces nouveaux statuts soient formellement amendés en ce sens lors du congrès ordinaire de la Fifa qui se déroulera les 20 et 21 mai prochains à Paris.

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