Mister George Weah est une légende vivante. Apprécié de tous, engagé, le buteur libérien est l’un des plus grands footballeurs africains de tous les temps. Une idole pour de nombreux attaquants et surtout, un exemple à suivre pour les Libériens. Après avoir tant donné à son pays, il se relance dans l’aventure politique en étant candidat aux élections de 2011.


Il est de ses grands joueurs qui n’ont jamais joué de Coupe du monde. Comme le Gallois Ryan Giggs, le Nord-Irlandais George Best ou le Finlandais Jari Litmanen, George Weah, le Libérien, souffre d’être né dans un petit pays de football. Mais cela n’empêche pas le Ballon d’Or 1995 d’être fier d’être un fils de Monrovia.

La preuve: après avoir raccroché les crampons en 2003, Weah tente une reconversion dans la politique. Et, en 2005, se présente à l’élection présidentielle libérienne sous les couleurs du Congress for Democratic Change, après que le pays a connu plusieurs années de guerre civile. Le fait qu’il ait vécu à l’étranger durant la guerre civile, où il y a fait fortune, le rend « innocent » des crimes commis durant cette sombre période. Les sondages le placent, avec l’économiste Ellen Johnson-Sirleaf, comme principal favori. Sa principale adversaire, qui a eu plusieurs postes à responsabilités, notamment à la Banque mondiale, critique Weah pour son manque d’éducation et son inexpérience en politique. Ce dernier rétorque que ce ne sont pas des personnes inexpérimentées en politique qui ont mené le pays vers une guerre civile, ayant engendré plusieurs centaines de milliers de morts. Malgré un certain soutien populaire, il échoue dans sa quête avec 40,4% des voix. Aujourd’hui, le sportif est prêt à rechausser les crampons. En homme politique bon teint, Weah vient d’annoncer, à 44 ans, son intention de se représenter pour l’élection de 2011.

Candidat en 2011

Car Weah n’est pas qu’un joueur de football. Son surnom, Mister George, en dit long sur la classe et sur la générosité du personnage. Homme de cœur apprécié de tous, Weah s’est servi de sa notoriété pour essayer d’améliorer le quotidien des africains et en partie des enfants. Dès 1997, l’attaquant international libérien est nommé ambassadeur itinérant de l’UNICEF. « Je tenais à utiliser mon statut de vedette pour servir d’exemple à suivre et encourager ainsi les enfants à retourner à l’école, surtout dans les pays déchirés par la guerre. Ensuite, pour demander aux gouvernements de fournir des installations qui soient adaptées aux enfants, facilitent leur apprentissage et leur permettent de devenir les dirigeants de demain », assure-t-il. Dans le milieu des années 1990, il a même financé une fondation à Monrovia qui a ressuscité le football libérien. Et particulièrement le Lone Star. Pendant plus de deux ans, il a avancé les billets d’avion et fourni les maillots et les crampons. C’est grâce à son talent et à celui de ses frères émigrés (comme James Debbah) que le Lone Star a gagné son billet pour l’Afrique du Sud et participé, en janvier 1996, à sa première Coupe d’Afrique des Nations.

De Monaco à Marseille, en passant par Manchester City, l’AC Milan et Chelsea, Weah s’est imposé comme un buteur hors pair alliant vitesse, puissance et efficacité. En plus des buts, il empile les titres: champion de France 1994, champion d’Italie 1996 et 1999, vainqueur de la Coupe de France 1991, 1993 et 1995, vainqueur de la Coupe de la Ligue 1995, vainqueur de la Coupe d’Angletererre 2000 et finaliste de la défunte Coupe des Coupes 1992, Mister George est aussi devenu le premier non-Européen à remporter le Ballon d’Or. C’était en 1995 et le Libérien était au sommet de son art. Egalement Ballon d’Or africain 1989, 1994 et 1995, meilleur joueur de la FIFA 1995, nommé au palmarès FIFA 100 et second meilleur footballeur africain de tous les temps, l’ancien attaquant de Monaco et du PSG a permis de placer le Liberia sur la carte.