Battue par la Serbie, l’Allemagne s’est sérieusement compliquée la tâche en vue des huitièmes. Face à un Ghana qui connaît bien la Mannschaft et peut se contenter d’un nul, les hommes de Joachin Löw sont dans l’obligation de s’imposer sous peine de voir la Serbie leur chiper leur billet pour le second tour.


Le moins que l’on puisse dire c’est que Ghanéens et Allemands, qui s’affrontent ce mercredi, se connaissent bien. En plus des frères Boateng, Kevin-Prince le Ghanéen et Jerome l’Allemand, ils sont cinq Black Stars à évoluer en Bundesliga ou à y être passé.

Car c’est un fait, les Black Stars sont devenus une équipe « à l’allemande ». Moins de fantaisies, plus de solidité, moins de folie, plus de réalisme. Pas étonnant quand on note que, en plus de Derek Boateng (Cologne en 2009), Kevin-Prince Boateng (Hertha Berlin en 2005-2007 et Borussia Dortmund en 2009) et Matthew Amoah (Borussia Dortmund en 2005-2006) passés par les rangs du championnat allemand, Isaac Vorsah (Hoffenheim), Prince Tagoe (Hoffenheim) ou le
bien nommé Hans Sarpei (Leverkusen) y sont encore.

Boateng contre Boateng

Mieux, Kevin-Prince Boateng retrouve dans le camp d’en face, son demi-frère Jerome, dans une ambiance qui ne ressemble pas franchement aux dîners de famille. Avant le début de la compétition, l’Allemand avait donné le ton. « Depuis que l’Allemagne et le Ghana ont été tirés au sort dans le même groupe, Kevin et moi échangeons des textos, a déclaré le défenseur du HSV. La poignée de main d’avant-match sera un moment particulier mais, après ça, il sera un adversaire comme les autres. La famille ne compte plus et si je dois le tacler, je le ferais sans même y penser. »

Quelques semaines plus tard, rebelote. « Kevin a dit : chacun a sa famille, toi la tienne, moi la mienne. Cela va trop loin, cela m’est égal maintenant ce qu’il fait, cela ne m’intéresse pas, je ne veux pas avoir de contacts avec lui, a raconté Jérôme Boateng au Hamburger Morgenpost. Kevin pense que je n’aurais pas dû dire que sa faute valait un carton rouge. Il pense que chacun doit faire son chemin de son côté. Je rajoute que c’est ce qu’on fait depuis longtemps déjà. »

Malgré tout, la Mannschaft ne va se focaliser sur Kevin-Prince Boateng, le milieu de terrain de Portsmouth, passé par les Espoirs allemands et qui a privé Michael Ballack de Coupe du monde d’un tacle assassin. Comme l’explique Oliver Bierhoff, le manager de l’équipe nationale allemande, il n’y aura pas de vendetta contre le milieu de terrain. « Je ne crois pas que ce serait bien pour nous d’utiliser nos émotions ou nos sentiments pour les reporter sur une seule personne, affirme l’ancien buteur du Milan AC. Peu importe qui sera sur le terrain, nous devons nous concentrer sur le match et éviter la provocation. Nous jouons contre le Ghana, pas contre Kevin-Prince Boateng. »

L’Allemagne sans Klose

Car, sur le pré vert, c’est bien de qualification qu’il s’agit. Un nul pour les Black Stars, boosté par les retours conjugués de John Mensah et Isaac Vorsah en défense, et les voilà en huitièmes de finale comme lors de la dernière Coupe du monde en… Allemagne. Faire aussi bien qu’en 2006, voilà l’objectif des Ghanéens qui auront à cœur d’appuyer là où ça fait mal : « La défense. L’Allemagne est une équipe très forte qui a de l’expérience, explique Sarpei. Leurs Coupes du monde précédentes montrent à quel point ils sont forts. Mais ils ont un point faible. La défense. Malgré leur puissance, leur point faible est en défense. Nous aurons des chances de marquer. A nous de les saisir. » Et ainsi éliminer une Mannschaft si brillante face à l’Australie (4-0). Ce serait alors une première dans l’histoire de l’équipe nationale en Coupe du monde. Jamais l’Allemagne n’a en effet été stoppée dès la phase de groupes.

Afin d’éviter une fin prématurée, les hommes de Joachin Löw le savent, il faudra gagner. « Nous devons faire en sorte de n’avoir rien d’autre en tête. Ce ne sera pas facile, mais nous devons gagner contre le Ghana », affirmait Bastian Schweinsteiger, le milieu de terrain allemand. Même son de cloche du côté de Theo Zwanziger, président de la Fédération allemande de football (DFB). « Après le match contre la Serbie, j’ai dit dans les vestiaires que nous avions le droit d’être tristes cinq minutes, mais que le tournoi n’était pas encore terminé, explique-t-il. C’est maintenant que tout va se jouer. Je pense que nous allons réussir. Quand on a une équipe aussi jeune, il faut accepter qu’elle fasse quelques erreurs qu’un groupe expérimenté ne ferait pas ».

 Le Ghana qualifié s’il ne perd pas

 Les équipes probables

Ghana: Kingson – Pantsil, Mensah, Addy, Sarpei – Annan, KP Boateng, Tagoe, Asamoah, Ayew – Gyan

Allemagne: Neuer – Lahm, Mertesacker, Friedrich, Badstuber – Schweinsteiger, Khedira, Mueller, Ozil, Podolski – Cacau

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