Le sélectionneur de l’équipe nationale de Tunisie, le Français Henri Michel, a démissionné lundi de ses fonctions au grand étonnement de la Fédération. Un coup de théâtre qui intervient juste deux mois avant le Mondial 2002.


Henri Michel n’est plus le sélectionneur de l’équipe tunisienne de football. L’entraîneur français a annoncé lundi sa décision de quitter les Aigles, au grand étonnement de la Fédération. Il met en cause les conditions de travail qu’on lui impose.

 » C’est une décision surprenante de sa part « , commente le vice-président de la Fédération tunisienne de football (FTF).  » Il y avait certes eu un petit contentieux sur sa manière de diriger le collectif, mais tout avait été réglé. Il a rencontré à deux reprises notre commission spéciale chargée des problèmes de gestion de l’équipe nationale et nous lui avons attribué deux adjoints tunisiens. Tout était rentré dans l’ordre « .

L’assistant entraîneur viré

Henri Michel, avec les mauvais résultats enregistrés par le onze tunisien à la Coupe d’Afrique des nations en janvier dernier, était dans la tourmente. Pour beaucoup, le camouflet était de taille. Eliminée au premier tour, la Tunisie s’en était allée sans avoir marqué le moindre but. Opprobre nationale. Pourtant, à deux mois du Mondial, le départ de l’entraîneur n’était pas à l’ordre du jour.

Sous les feux de la critique, Henri Michel, arrivé en octobre 2001 à la tête des Aigles, se sent poussé vers la sortie. Mais il tient bon. La goutte d’eau qui fait débordé le vase semble être le départ de son assistant entraîneur, remercié la semaine dernière par la Fédération et remplacé par les Tunisiens Ammar Souayah et Khemaïs Laâbidi.

Pas de réelle justification

 » Il est parti sans justification « , estime-t-on à la FTF.  » Il avait même préparé la liste des joueurs pour le match amical d’aujourd’hui (mercredi) Tunisie-Norvège « . Celui qui fut le sélectionneur de l’équipe de France (1984), du Cameroun (1994) et du Maroc (1998) s’en va. Le comité de la FTF ne s’est pas encore réuni pour nommer un nouvel entraîneur. L’intérim est pour l’instant assuré par le duo Ammar Souayah et Khemaïs Laâbidi.

A 10 semaines de la Coupe du monde 2002, le foot tunisien, dans le groupe H avec la Belgique et la Russie, doit se chercher d’urgence un nouveau souffle. Car une nouvelle contre-performance enfoncerait les Carthaginois un peu plus sur la mauvaise pente. A moins que leur position d’outsider en Corée et au Japon ne devienne l’un de leurs premiers atouts… et il peut s’avérer dangereux de jouer contre une équipe qui n’a plus rien à perdre.