A l’issue d’un vote serré qui s’est tenu ce vendredi à Zurich, Gianni Infantino a été élu président de la FIFA. Le candidat italo-suisse devance le Cheikh Salman et succède à Sepp Blatter à la tête de l’instance mondiale du ballon rond avec un mandat jusqu’en 2019.


Après 17 ans de mandat, le successeur de Sepp Blatter est enfin connu. A l’issue d’un duel âpre ce vendredi à Zurich entre le Cheikh Salman, président de la Confédération asiatique, et le juriste Gianni Infantino, n°2 de l’UEFA, c’est finalement Infantino qui va succéder au Suisse à la tête présidence de la FIFA. Il aura fallu passer par un second tour, aucun candidat n’étant parvenu à décrocher 2/3 des suffrages sur les 207 votants (le Koweït et l’Indonésie n’ayant pu voter en raison de suspensions) lors du premier tour.


 Le résultat du premier tour

Prince Ali : 27 voix

Cheikh Salman : 85 voix

Jérôme Champagne : 7 voix

Gianni Infantino : 88 voix

Et à ce jeu, c’est Infantino qui a profité de l’effet du report de voix de Jérôme Champagne et du Prince Ali, arrivés loin derrière après le premier tour, alors que de son côté le Sud-africain Tokyo Sexwale a officialisé son désistement quelques instants avant le début du vote. Il s’impose au final avec une majorité de 115 votes, contre 88 pour le Cheikh Salman et 4 pour le Prince Ali. Candidat de l’UEFA, de la CONCACAF et de la CONMEBOL, Infantino a également su rallier des voix issues de la CAF à sa cause et ce en dépit du soutien officiel apporté par la CAF à son opposant, le Cheikh Salman.


 Des mesures adoptées en bloc

A noter qu’avant le vote, la FIFA a adopté les neuf réformes proposées à 89% (179 voix pour, 22 contre). Elles portent notamment sur sa gouvernance et visent à augmenter la transparence et prévoient de remplacer le Comité exécutif par un Conseil de la FIFA élargi – 36 membres au lieu de 24 – au sein duquel le rôle du président sera réduit et davantage axé sur la diplomatie. Ce dernier ne pourra par ailleurs être élu plus de trois fois, soit douze ans maximum. Les rémunérations de tous les dirigeants seront également dévoilées chaque année.

« Je pense que j’aurai du succès en Afrique. J’ai visité beaucoup de pays et rencontré des gens influents. Je pense obtenir plus de la moitié des votes car j’ai quelque chose de concret à offrir au continent« , avait-il d’ailleurs annoncé quelques jours avant ce scrutin qui le hisse au plus haut rang.

Désormais propulsé à la tête du football mondial, Infantino va devoir relever le challenge qui se présente à lui, à savoir restaurer auprès du grand public et des sponsors la crédibilité d’une institution qui a vécu au rythme des scandales de corruption ces derniers mois. « La tâche qui attend le gagnant sera loin d’être aisée, elle nécessitera un esprit créatif et de la diplomatie« , a d’ailleurs rappelé Issa Hayatou, président par intérim dans son discours d’ouverture. C’est le moins que l’on puisse dire.