A 20 ans, Samuel Inkoom est déjà champion du monde (des moins de 20 ans) et vice-champion d’Afrique de football. Talentueux et sûr de lui, le latéral droit des Black Stars s’est confié, dans un entretien exclusif pour Afrik-Foot.com. Le Ghanéen, qui évolue au FC Bâle, est revenu sur la CAN, ses ambitions et l’a assuré: « Le Ghana va gagner la Coupe du monde! »



Afrik-Foot.com : Samuel, deux mois après, quel bilan dressez-vous de la Coupe d’Afrique des Nations?

Samuel Inkoom : C’était vraiment une sacrée expérience. Je suis très heureux d’avoir pu y participer, de pouvoir me mesurer aux meilleurs joueurs du continent. Ce n’était pas facile mais nous avons atteint la finale. C’est une belle performance car nous étions une équipe jeune, il manquait beaucoup de joueurs d’expérience mais nous avons fait ce qu’il fallait.

Pourtant, les Black Stars ont été critiqués pour leur jeu…

Oui, mais, vous savez, nous, les joueurs, nous sommes là pour écouter le coach et appliquer les consignes. Milovan Rajevac nous a dit de jouer comme ça, nous avons joué comme ça. Et puis ça s’est révélé efficace, non ? La prochaine fois, nous gagnerons ! D’ailleurs, avec le retour des Essien, Mensah, Muntari… Nous allons être très très forts pour la Coupe du monde.

Justement, quel est l’objectif du Ghana à cette Coupe du monde en Afrique du Sud ?

La gagner ! Nous n’allons pas nous rendre en Afrique du Sud pour une simple excursion. Nous y allons pour gagner, tout simplement. Nous avons beaucoup de jeunes joueurs très talentueux : nous sommes champions du monde chez les moins de 20 ans quand même ! Rajoutez à cela le retour de joueurs d’expérience et, franchement, nous avons une des meilleures équipes du plateau. Je vous le dit : le Ghana va gagner la Coupe du monde.

Vous semblez très sûr de vous.

Mais bien sûr ! Pourquoi ne pas l’être ? Nous avons un entraîneur qui est excellent, des joueurs de qualité… Sulley Muntari, Stephen Appiah, Michael Essien, John Mensah… seront de retour. On va faire mal : on a une super équipe. Avant la Coupe du monde des moins de 20, j’avais prédit que nous allions gagner. Là, je le redis, le Ghana va soulever le trophée.

Mais le retour de ces joueurs, justement, risque de vous décaler sur le banc, non ?

C’est le football ! Nous voulons tous gagner. Mais, l’important, c’est que nous gagnions. Et surtout que nous participions au développement du football ghanéen. Si cela passe par le banc, je l’accepte. Si mon frère doit être titulaire mais ne vous inquiétez pas pour moi, je suis le meilleur !

Votre groupe est tout de même relevé: l’Australie, la Serbie et l’Allemagne. Ce sera difficile, non ?

Oui, c’est vrai que ce sont trois bonnes équipes. De très bonnes équipes même. Et je les respecte : si elles sont là, c’est qu’elles sont bonnes. L’Allemagne joue bien mais nous allons les battre. Pareil pour la Serbie et l’Australie, nous allons prendre les trois points contre elles. De toute façon, si on veut gagner le Mondial, on doit battre tout le monde.

N’y a-t-il pas une autre équipe qui a vos faveurs ?

Non. C’est le Ghana et personne d’autre. Écoutez, si vous voulez vraiment un autre nom, il faut bien avouer que j’ai un faible pour la Côte d’Ivoire. Les Éléphants ont une très bonne équipe, avec de grands joueurs qui jouent dans les plus grands clubs. Peut-être aussi l’Afrique du Sud, qui joue à la maison. Mais, au final, il n’en restera qu’un : nous.

C’est tout de même une grande année pour vous. Le Mondial des U20, un transfert en Europe, la CAN, la Coupe du monde à venir…

C’est le fruit de beaucoup de travail. Ce n’est pas facile mais, si on veut quelque chose, il faut se battre et travailler dur. Moi, j’ai travaillé dur à l’entraînement, en match… J’ai ce qu’il faut pour réussir : les qualités, le mental… Je veux prouver à tout le monde qu’il n’y a pas que Daniel Alvès, Sergio Ramos ou Maicon… Il y a aussi Samuel Inkoom !

Quand même…

Attendez, je ne dis pas que je suis meilleur qu’eux. Je crois en moi, c’est tout. Je n’ai que 20 ans, je peux encore progresser. Je travaille dur, j’écoute… Je parle souvent avec Essien ou Mensah, j’apprends beaucoup d’eux, ils me conseillent. Dans quelques années, je serais dans un grand club.

Pourquoi avoir choisi le FC Bâle comme premier club en Europe ? Vous aviez pourtant des contacts avec le PSG, le Barça ou l’Espanyol…

C’est vrai que tous ces clubs me voulaient. Et beaucoup d’autres aussi ! Mais le directeur sportif de Bâle m’a appelé tous les jours en me demandant de venir chez eux. Le FC Bâle est un très bon point de chute qui va me permettre de m’aguerrir, de jouer en Europe régulièrement et de me faire un nom. Moi, tout ce que je demande, c’est qu’on me respecte. lL directeur sportif me l’a promis. Je peux apprendre beaucoup à Bâle.

Mais le niveau de championnat suisse n’est pas très élevé.

C’est là que vous vous trompez ! Il n’y a que dix équipes en Super League, le niveau est très resserré. En plus, le siège de la FIFA et de l’UEFA sont là. Ils font beaucoup pour le développement du football suisse. Les clubs jouent bien. Franchement, il n’y a pas de grande différence entre la Suisse et le championnat anglais.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris quand vous avez débarqué de Kotoko ?

En Europe, tout est tellement grand! Les stades, les installations, le niveau, la qualité de la pelouse… Si vous êtes allé en Afrique, vous savez qu’il n’y a aucun comparaison possible.

Quels sont vos objectifs cette saison?

Déjà, je veux remporter un nouveau titre de champion pour Bâle. Comme ça, je pourrais me tester en Ligue des Champions. Je veux jouer au plus haut niveau…

Est-ce à dire que vous allez quitter le club cet été?

Je suis un joueur du FC Bâle, je ne veux penser qu’au FC Bâle. J’ai un agent qui s’occupe de moi. Il m’appelle souvent pour me dire qu’il y a des clubs intéressés. Des gros club, croyez-moi! Des clubs anglais, espagnols, allemands, italiens… qui n’arrêtent pas de le contacter pour le convaincre. Mais, moi, comme je l’ai dit, je joue à Bâle, je ne pense qu’à Bâle. Après, il y a la Coupe du monde. On verra par la suite…