Pour son premier match de Coupe d’Afrique des Nations depuis 2004, l’Algérie se méfie. Le Malawi, a priori la plus modeste formation présente en Angola, pourrait bien poser des problèmes à des Fennecs particulièrement respectueux. Algérie-Malawi en direct

Six ans qu’ils attendaient ça. Six ans qu’on n’avait plus vu les Fennecs en Coupe d’Afrique des Nations. La dernière fois, c’était en janvier 2004 et la Khadra quittait la compétition tunisienne sur une défaite en quart de finale face au Maroc (1-3 a.p.). De cette dernière joute continentale, il reste encore quelques survivants, tels Ziani, Yahia ou encore Mansouri. Ces anciens combattants ont sans doute instillé cette envie de bien faire qu’on ressent lorsqu’on évoque ce premier match avec les Fennecs. « Le Malawi a passé trois tours pour décrocher sa qualification. Il compte actuellement parmi les 16 meilleures équipes d’Afrique, et en plus, il évoluera dans son jardin », a rappelé Rabah Saâdane en conférence de presse. « On respecte beaucoup cet adversaire. »

Le respect d’accord mais les Algériens n’en font-ils pas un peu trop ? Si les deux dernières CAN se sont déroulées sans les Verts, le Malawi, lui, n’y a plus participé depuis… 1984, du temps de Rabah Madjer. Les Flammes ont certes contrarié l’Egypte en match amical (1-1), fin décembre, avant de tenir le Ghana en respect (0-0) et après avoir accroché la Côte d’Ivoire (1-1) mais ils ne sont pas des cadors du continent. Pour mémoire, les Malawites ne figurent qu’à la 99e place FIFA, ce qui fait des hommes de Kinnah Phiri la plus modeste des seize qualifiées. Hors, à écouter certains supporters algériens, on a franchement l’impression que les futurs Mondialistes, 34es au dernier classement FIFA, s’apprêtent à défier un géant du continent !

Réussir ses débuts

Car, si l’équipe du Malawi ne possède aucun nom ronflant, elle forme un groupe jeune, compact et imperméable. Une seule fois en quatorze matches depuis janvier 2009, la défense des Flammes a été submergée. C’était contre la Côte d’Ivoire à Abidjan (0-5).

Du coup, Mourad Meghni, le milieu de terrain de l’Algérie, se méfie. « Ce premier match est prépondérant. On ne connaît pas cette équipe du Malawi mais, ce que j’ai appris lors des éliminatoires, c’est qu’il faut se méfier de tout le monde. Notre parcours a aussi changé la perception que les autres ont de nous. Désormais, on fait plus peur », a-t-il expliqué dans Le Parisien. D’autant que le milieu de terrain de la Lazio sait que le public algérien attend beaucoup d’eux : « Les Algériens vivent des moments de joie à travers nous. Ils s’évadent, oublient leurs soucis quotidiens. Surtout, après des années difficiles, l’Algérie marque les esprits positivement. C’est de ça dont les Algériens sont les plus fiers. »

Face à ce solide collectif malawite, efficace en contre, l’Algérie entend éviter le piège qui lui est tendu pour éviter de démarrer son aventure en CAN par un match nul qu’elle pourrait traîner comme un boulet dans cette phase de poules. « A chaque compétition, qu’elle soit continentale ou régionale, il est toujours important de réussir ses débuts », confirme, le milieu de terrain Lemmouchia, ajoutant : « Contre le Malawi, nous allons donc jouer pour gagner et non pour autre chose. Passer cet écueil sera la clé de la qualification pour le prochain tour. » D’autant qu’avec une victoire, les Algériens prendraient la tête du groupe, après le fantastique nul de l’Angola et du Mali (4-4).