Deux équipes africaines auraient été approchées par des intermédiaires qui leur auraient proposé, dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations, d’arranger le résultat d’un match perdu ou de perdre une rencontre. Alertée, la Confédération africaine de football a ouvert deux enquêtes.


Soupçons de corruption sur la Coupe d’Afrique des nations de football. Les équipes béninoise et namibienne affirment avoir été contactées par des intermédiaires qui leur ont demandé de truquer un match qu’elles avaient joué ou allaient disputer dans le cadre de la compétition, qui se déroule au Ghana. Vendredi, l’entraîneur allemand des Ecureuils du Bénin a affirmé à la BBC qu’un Africain qui serait représentant d’une société de paris lui avait rendu visite dans son hôtel. Il aurait proposé à Reinhardt Fabisch de truquer le résultat du match que les Ecureuils ont perdu contre le Mali 1-0, lundi 21 janvier.

« Il voulait savoir, a-t-il raconté à la BBC, s’il y avait une quelconque possibilité de truquer le match. Je lui ai dit: « Regarde, tu as deux minutes pour quitter l’hôtel ou j’appelle la police ». J’ai été stupéfait qu’il ait le culot d’approcher un Allemand pour truquer un match de football. Je pense que les footballeurs africains sont vulnérables à ce genre d’approches parce que beaucoup d’entre eux n’ont pas d’argent. C’est pour cela que des pays pauvres comme le Bénin sont ciblés. » Le coach explique que le lendemain l’intermédiaire lui a téléphoné pour savoir ce qu’il pensait de sa proposition. Reinhardt Fabisch affirme avoir de nouveau décliné l’offre.

Ouverture de deux enquêtes

Peu après cette tentative de corruption présumée, plusieurs joueurs namibiens auraient été confrontés aux sirènes de l’argent facile. « Mes joueurs ont été approchés par un homme disant représenter une compagnie de paris qui leur a offert de l’argent pour perdre le match » contre la Guinée, a déclaré John Muinjo. L’entraîneur, qui a fait lundi match nul 1-1 face à ce pays, a précisé qu’« on leur offrait 30 000 dollars chacun » et qu’« on leur offrait la moitié de la somme avant match ».

Les joueurs ont averti leur coach, qui a interpellé la Confédération africaine de football (Caf). « Nous lançons une enquête sur les deux affaires. Nous suivons cette affaire avec beaucoup d’inquiétude », a déclaré Soulemine Hubouba, en soulignant que « la pratique d’arranger les matchs n’est pas un problème répandu en Afrique, car les paris constituent un phénomène nouveau ». Reinhardt Fabisch s’est dit prêt à communiquer le numéro et le nom de l’homme qui l’avait approché à son hôtel.