Suite aux incidents survenus samedi 9 juin au cours de la demi-finale de la coupe du Sénégal de football, la fédération nationale a décidé de suspendre purement et simplement le terrain de la Sonacos, triste vainqueur du match.  » Illégal « , répondent les autorités régionales.


Ce devait être la fête du football, samedi 9 juin, au stade Ely Manel Fall. Une demi finale de la coupe du Sénégal. L’ASC Sonacos de Diourbel recevait l’Entente Sotrac Ouakam (ESO) pour une place en finale le 7 juillet prochain à Dakar. Si l’esprit du sport habitait les vingt-deux joueurs sur le terrain, il n’en était malheureusement pas de même dans les tribunes. Incidents. Le match est arrêté à la cinquante-quatrième minute. Les installations sont mises à sac par les supporters de l’ESO. On déplore une quarantaine de blessés. Sanction de la fédération nationale : la suspension du terrain jusqu’à nouvel ordre. La Sonacos gagne la rencontre, mais perd son antre. Une décision qui déclenche l’ire des autorités régionales.

 » C’est un abus d’autorité, le stade ne leur appartient pas « . Mamadou Tall, président du conseil régional de Diourbel ne décolère pas.  » Le stade Ely Manel Fall est un stade régional. La fédération n’a pas compétence à le fermer. Il appartient au Conseil régional de prendre une telle décision. La fédération avait uniquement la compétence de ne plus programmer de match sur le terrain « .

La région porte plainte

Plainte pour préjudice matériel et moral et contre la fermeture du terrain pour déterminer les responsabilités de la ligue de football, plainte contre X pour déterminer les auteurs des dégradations : le conseil régional fait flèche de tout bois.

 » L’équipe d’ESO est très connue pour l’attitude déplorable de ses supporters. C’est la ligue qui organisait la rencontre et c’était à elle de prendre ses dispositions pour garantir un maximum de sécurité « , martèle Mamadou Tall.

Un avis que ne partage pas Ali Sene, le président de la Sonacos, pour qui les autorités sportives ont fait ce qu’il fallait.  » Le règlement exige qu’il y ait dix policiers au minimum par rencontre. Pour la demi-finale il y en avait plus de vingt « . Pas assez toutefois pour contenir les débordements des supporters. Bilan : un million et demi de FCFA de dégâts.  » C’est beaucoup pour le stade « , reconnaît Ali Sene.

 » La Sonacos n’est pas fautive « 

Le directeur de la Sonacos s’estime tout de même lésé par la décision de la fédération de fermer l’arène de ses joueurs.  » La Sonacos n’est pas fautive « . Mais elle doit payer les pots cassés. Du moins la fédération en a-t-elle décidé ainsi. L’affaire trouvera son épilogue devant les tribunaux avec l’issue juridique du bras de fer avec le conseil régional.

Et le sport dans tout ça ? La Sonacos, qui menait au score trois buts à un, avant l’interruption de la rencontre, est déclarée vainqueur par la fédération. Le club rencontrera l’équipe de Gorée le 7 juillet prochain à Dakar et on espère cette fois que c’est le sport qui l’emportera.