La Tunisie quitte la Coupe du Monde de football 2006 la tête basse. Elle a perdu vendredi après-midi un match qu’elle devait impérativement remporter contre une équipe d’Ukraine sans imagination et largement à sa portée. Les coéquipiers de Chevchenko et Voronine rencontreront en huitièmes de finale le premier du groupe de la France. Seul le Ghana représentera l’Afrique en huitièmes de finale.


Les Tunisiens peuvent s’en vouloir. Ils quittent la Coupe du Monde de football 2006 après avoir perdu 1-0 contre une faible équipe d’Ukraine un match qu’ils devaient obligatoirement remporter. Guère plus inspirés que leur adversaire du jour, ils terminent troisièmes du groupe H avec un point et laissent l’Ukraine affronter en huitièmes de finale le premier du groupe F (France, Suisse ou Corée du Sud). L’Espagne, première devant l’Ukraine, affrontera le second de cette même poule.

L’arbitrage de nouveau défaillant

Jemmali, touché à la cheville, manque à la Tunisie, alors que Santos a repris sa place sur le banc. L’entraîneur ukrainien, Oleg Blokhine, reconduit la même équipe qui a étrillé l’Arabie Saoudite 4-0. Un nul suffit à l’Ukraine alors que la Tunisie doit impérativement l’emporter pour se qualifier. Pourtant, les Aigles de Carthage ne font pas preuve d’audace et acceptent le faible niveau de jeu proposé par les Ukraininens. Seul Trabelsi tente d’apporter le surnombre pour aider ses coéquipiers mais sans succès. A la 30è minute, aucune action dangereuse n’est à signaler, hormis quelques coups francs peu exploités, côté ukrainien (5è, 17è, 35è), et le public, pour s’occuper, lance une « ola ». Dans les arrêts de jeu de la première mi-temps, Carlos Amarilla, l’arbitre qui avait injustement refusé un penalty à Adebayor face à la Suisse, prend le match à son compte. Il sort un second carton jaune contre le meilleur élément tunisien du Mondial, Ziad Jaziri, sur une faute peu évidente.

Trabelsi revient pourtant après la pausee avec les mêmes intentions. Il récupère un ballon défensif dans son camp et provoque un carton jaune après avoir slalomé avec une facilité déconcertante entre trois Ukrainiens. A onze contre dix, ces derniers continuent à balancer de longs ballons inoffensifs pour Chevchenko ou Voronine depuis leur camp. Soixante-douze mille personnes ont pris place dans l’Olympiastadion de Berlin et une bonne partie d’entre eux commence à faire connaître son mécontentement, jusqu’à siffler lorsque les Ukrainiens font circuler la balle du camp tunisien jusqu’à leur gardien à la 62è. Les Aigles de Carthage obtiennent un bon coup franc à l’entrée de la surface ukrainienne à la 64è minute, mais le tir brossé d’Anis Ayari, légèrement détourné par une main sortie du mur, dans la surface, termine sur le haut du filet ukrainien. Trois Tunisiens se gênent pour reprendre la balle de la tête sur le deuxième corner qui suit.

Victoire sans panache

A la 69è minute, sur une balle en retrait, deux Tunisiens accompagnant le ballon vers leur gardien, Ali Boumnijel, se gênent (encore une fois) et laissent Chevchenko s’interposer. Le néo-londonien se fait, seul, un croche-pied dans la surface et l’arbitre siffle le penalty qu’il (Chevchenko, pas l’arbitre) transforme. Les Tunisiens marquent le coup et effectuent un double changement à la 79è lorsque Santos entre pour Chedli et Ben Saada pour Bouazizi. Sur l’action qui suit, Trabelsi, qui reçoit côté droit un centre venu de l’arrière, oublie Santos qui arrive lancé plein champ, et tire directement de la tête, sans menacer Olexander Shovkovsky.

Les Tunisiens continuent à jouer entre les 30 et 40 derniers mètres ukrainiens sans être menaçants. Lorsque Trabelsi parvient à percer à la 85è, il oublie de nouveau Santos au second poteau et tir de loin dans un angle fermé. Têtes baissées, les Tunisiens n’y croient plus depuis déjà dix minutes. Chevchenko, étrangement sifflé, sort à la 88è. Boumnijel sauve son équipe une minute plus tard lorsque Voronine voit son tir bloqué après un une-deux. Santos rate à la 91è minute une égalisation de la tête qui aurait promis deux dernières minutes de folie, et laisse la Tunisie s’en aller par la petite porte. Seul le Ghana représentera l’Afrique dans les huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2006.