Difficile apprentissage du haut niveau pour Itumeleng Khune, le talentueux gardien de l’Afrique du Sud. Après un match héroïque face au Mexique, il a vu rouge contre l’Uruguay… C’est donc du banc qu’il verra les Bafana Bafana affronter la France, mardi, pour une place au second tour de la Coupe du monde.


Héros face au Mexique, zéro face à l’Uruguay, Itumeleng Khune aura vécu une drôle de Coupe du monde. A 23 ans, l’ange-gardien sud-africain est en train de découvrir le haut niveau avec ses joies et ses peines.

En l’espace de 90 minutes, il était devenu le héros de tout un peuple. Itumeleng Khune, gardien quasi-inconnu des Kaizer Chiefs, avait résisté aux assauts mexicains. Ne cédant que sur une frappe à bout portant de Marquez, le numéro 16 des Bafana Bafana avait impressionné les observateurs en permettant aux hôtes du Mondial, considérés comme l’une des plus faibles formations du plateau de réussir un nul honorable, synonyme d’espoir. Mais pour le gardien, pas question de s’enflammer. « Peu importe l’équipe en face, on a travaillé dur sur notre jeu. On ne veut qu’une chose, c’est faire une bonne compétition, expliquait-il sur le site de la FIFA. On doit bien ça à notre peuple. Comme l’a dit notre entraîneur, on respecte tout le monde mais on n’a peur de personne. C’est notre état d’esprit. Ici en Afrique du Sud, on est convaincu que rien n’est impossible ».

De la lumière à l’ombre

Erigé en héros national, le portier sud-africain a vu sa statue déflorée d’un vilain rouge lors du deuxième match. Face à l’Uruguay, le jeune gardien a en effet appris vitesse grand V les aléas du football de haut niveau. Son début de partie honorable a été terni par la vista de Luis Suarez, le buteur uruguayen. Sans doute hors jeu, le canonnier de l’Ajax en a rajouté lors d’un très léger contact avec Khune, sorti à sa rencontre. Un penalty généreux, un carton rouge sévère, la double sanction punit Khune et l’Afrique du Sud. C’est du banc qu’il verra ses coéquipiers croiser le fer face à la France avec l’espoir de valider son billet pour le second tour.

Dépité, Khune n’entendait pas s’en laisser compter. « Ce n’était pas volontaire mais je dois des excuses à tout le monde. Les gars sont venus me voir et je leur ai présenté mes excuses à eux et à tous les Sud-Africains », expliquait-il à Afrik-Foot.com. Ces péripéties ne semblent pourtant pas déstabiliser un Khune sûr de lui. C’est d’ailleurs cette confiance absolue en ses propres moyens qui a permis au gardien des Kaizer Chiefs d’arriver au point où il en est aujourd’hui.

Confiance en lui

Mais c’est elle aussi que certains observateurs désignent comme le talon d’Achille du jeune homme. « Il n’y a rien de mal à avoir confiance en soi même », rétorque-t-il quand FIFA.com l’interroge sur le sujet. « Je suis jeune, mais je refuse d’utiliser mon âge comme une excuse. Si vous avez du talent et qu’une opportunité se présente, vous devez la saisir à deux mains, sans chercher de faux-fuyants. Certaines personnes disent que je suis trop jeune, mais ça ne me touche pas. Je veux qu’on me juge sur mes performances. »

« Notre but, c’est d’atteindre la phase à élimination directe. À partir de là, tout sera possible. » La France est prévenue. A Bloemfontein, la semaine prochaine, c’est tout un peuple qui poussera derrière son équipe. En misant sur son ange-gardien.