Vendredi, les candidats africains à l’organisation de la Coupe du Monde 2010 présenteront une ultime fois leur dossier à la Fédération internationale de football pour tenter de convaincre les derniers membres indécis. La Fifa prendra sa décision samedi. A l’heure du verdict, un pays exultera de bonheur, mais pour les autres la déconvenue sera à la hauteur de leurs espoirs déçus.


A trois jours de la désignation du pays qui accueillera la Coupe du Monde 2010, la tension monte. Seule certitude, le rendez-vous mondial du ballon rond aura lieu pour la première fois sur le continent africain. Mais où ? Entre l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Egypte, la compétition est totale. Les autres prétendants, Tunisie et Libye, dans une démarche commune refusée par la Fédération internationale de football (Fifa), sont d’ores et déjà éliminés. La Tunisie s’est même retirée officiellement, et le Nigeria, candidat il y a deux ans, a depuis abandonné.

L’Afrique du Sud favorite sur le papier

Il ne faut pas oublier que la Coupe du Monde 2006 aurait pu, aurait dû même, se dérouler en Afrique du Sud. Alors que l’Océanie s’était engagée officiellement derrière les Africains, une rencontre entre Franz Beckenbauer et leur représentant néo-zélandais avait entraîné l’abstention de ce dernier pour des motifs qui restent inconnus… et la victoire surprise de l’Allemagne. La Nation arc-en-ciel est donc un favori logique et la Fifa a considéré dans ses rapports d’inspection que « l’Afrique du Sud a le potentiel d’organiser une excellente Coupe du Monde ». Des stades déjà construits, des infrastructures hôtelières et de télécommunication de premier ordre, une grande expérience de l’organisation d’événements (Coupe du Monde de Rugby 1995, Can 1996, Coupe du Monde d’athlétisme 2000…), autant de points positifs pour les Sud-Africains. Côté négatif, un fort taux de criminalité et son éloignement géographique.

Le Maroc, favori du cœur

Un désavantage que ne connaît pas le Maroc, qui a déjà présenté sa candidature pour la Coupes du Monde 1994, 1998 et 2006. Fort d’une position centrale proche de l’Europe, d’un climat plus propice au bon déroulement des matchs en juin-juillet, pouvant se prévaloir d’un parc hôtelier de qualité et du soutien de la France et de nombreux pays francophones, le Maroc croit en ses chances. Il compte sur la Coupe du Monde pour booster son économie (500 000 créations d’emplois prévues) et favoriser la modernisation de ses infrastructures. Sa récente place de finaliste lors de la Can 2004, alors que l’Afrique du Sud et l’Egypte ont été sortis en poule, est aussi un petit avantage. Reste que la situation politique actuelle après les attentats terroristes de Casablanca en mai 2003 et la participation de Marocains aux attentats de Madrid, le 11 mars dernier, risquent de refroidir certains membres de la Fifa.

Si l’attention se focalise sur le duel Afrique du Sud – Maroc, l’Egypte pourrait en profiter pour créer la surprise. Partis tardivement, les Pharaons ont surtout pris cette candidature comme un galop d’essai pour l’avenir. Mais avec un dossier bien ficelé et le soutien des pays arabes, ils pourraient bien profiter des dissensions entre les deux favoris pour s’imposer sur le fil.