Le FC Dynamos est sans doute le plus grand club du Zimbabwe. Un palmarès riche, une histoire qui l’est tout autant… Portrait d’un club de football qui peut se targuer d’être supporté par 7 millions de fans et qui a vu naître Harlington Shereni.


Une vingtaine de titres de champion, une dizaine de coupes nationales, une finale et une demie de Ligue des Champions, des millions de supporters à travers tout le pays, des dizaines d’internationaux dans l’effectif actuel, encore plus dans l’histoire… Un palmarès qui ferait pâlir d’envie plus d’un club. Et pourtant le FC Dynamos, 6e club du continent en 2009, reste une énigme.

Heureusement, Harlington Shereni, qui a porté les couleurs des Glamour Boys dans sa jeunesse, a bien voulu nous apporter un peu de sa lumière. « C’est là que j’ai tout appris. C’est grâce à ce club que je suis ce que je suis », a expliqué à Afrik-Foot.com le milieu de terrain du FC Nantes. Bon, jusque-là, rien d’étonnant pour le club formateur de l’international zimbabwéen. « Pour le comparer à un club français, le FC Dynamos, c’est un peu l’OM, poursuit l’ex Guingampais. A cause des supporters et de la pression. C’est la plus grande formation du pays, une exposition médiatique de tous les instants et une pression incroyable. Le FC Dynamos remplit les stades à chaque match. Et, comme à l’OM, il y a des problèmes chaque année. Dès que quelque chose ne va pas, c’est la crise… Mais cela reste une sacrée expérience, surtout l’année où nous sommes allés en finale. »

7 millions de supporters

Car, malgré le manque de moyens, également souligné par Nyika Chifamba, le directeur sportif, le FC Dynamos réussi plutôt pas mal sur la scène continentale. Shereni était de l’épopée de 1998 qui a vu le Dynamos atteindre la finale de la Ligue des Champions, perdue face à l’ASEC Abidjan (0-0, 2-4). Une équipe qui comprend tout de même Aruna Dindane, Didier Zokora, Kolo Touré, Gervinho, Baky Koné ou Romaric… Soit une bonne partie de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire qui ira en Afrique du Sud cet été. En chemin, les Zimbabwéens ont fait chuter Telecom Wanderers (Malawi), Ferroviario Maputo (Mozambique), Hearts of Oak (Ghana), Etoile du Sahel (Tunisie) et Eagle Cement (Nigeria).

« Au niveau africain, le FC Dynamos rivalise d’ailleurs avec les meilleurs clubs du Ghana, de Côte d’Ivoire ou du Cameroun mais nous n’avons pas l’exposition médiatique des ces pays donc nos joueurs restent au pays et ne franchissent pas ce palier », déplore le directeur sportif du club créé en 1963 comme le club des Noirs de la raciste Rhodésie. Dès ses débuts, le FC Dynamos joue un football offensif qui lui vaut de se targuer de 7 millions de fans. Pas mal dans un pays qui compte 12 millions d’habitants.

Un football offensif

Robson Rundaba, ancienne gloire toujours au club, l’explique bien : « Quand le club a débuté, le Dynamos avait sa marque de fabrique. Nous jouions un football, offensif, excitant et efficace. Le Dynamos était un club de pionniers. Le Dynamos jouit d’une telle base de supporters parce que nous étions la première équipe noire à défier les Blancs. Nous avons bouleversé le statu quo et dominé la Ligue. » Des années plus, le FC Dynamos étonne le continent en atteignant une nouvelle fois le dernier carré de la Ligue des Champions. Nous sommes en 2008 et les Bleu et Blanc ont pris leur revanche sur l’ASEC avant de prendre la mesure du Zamalek et de l’Etoile du Sahel, champions en titre.

Néanmoins, depuis 2007, le palmarès de ce club, dont le Rufaro Stadium est souvent trop petit, reste désespérément à la recherche d’une nouvelle ligne. Après une bonne entame en Ligue des Champions, le FC Dynamos et ses internationaux débute le championnat le week-end prochain par un choc face au grand rival, le Gunners FC. Desmond « Gazza » Maringwa, Murape Murape « Mhonya », George Magariro ou Milton « Copper Belt » Makopa auront à coeur de poursuivre la tradition et de mettre un terme à la domination du rival.