Qui pour succéder aux champions olympiques de football camerounais ? Les chances africaines dans le tournoi de football seront portées à Athènes, du 13 au 29 août prochain, par la Tunisie, le Ghana, le Maroc et le Mali. Depuis deux olympiades, la compétition n’a plus échappé au continent.


La victoire dans le tournoi olympique de football reviendra-t-elle une fois encore au continent africain, après celles du Nigeria, en 1996, et du Cameroun, en 2000 ? Les deux géants du foot africain ne se sont pas qualifiés pour les Jeux Olympiques (JO) d’Athènes, qui se déroulent du 13 au 29 août. Et les chances du continent seront cette année portées par la Tunisie, le Ghana, le Maroc et le Mali. Des équipes qui se sont toutes qualifiées, fin mars, à l’issue de la dernière journée de [qualifications aux JO->].

Les équipes olympiques sont constituées de joueurs espoirs (moins de 23 ans) et de trois joueurs de plus de 23 ans. Et le tournoi olympique a connu une reconnaissance internationale croissante, depuis que les Fédérations nationales ont accepté de faire jouer leurs plus grandes stars. La phase finale du tournoi 1996 avait été de toute beauté, avec notamment des confrontations entre le Brésilien Ronaldo et le Nigérian Nwanko Kanu. Le Nigeria avait alors remporté le tournoi à l’issue d’un parcours magistral. Ils étaient d’abord venus à bout du Brésil 4-3, après prolongation, en demi-finale, avant de battre l’Argentine en finale sur le score de 3-2. L’épreuve n’avait pas été moins intéressante, en 2000, lorsque le Cameroun avait remporté l’épreuve contre l’Espagne, à l’issue d’une séance de tirs aux buts haletante (2-2 à la fin du temps réglementaire, 5-3 aux tirs aux buts).

Tunisie et Maroc ne se lâchent plus

Les Marocains, qui se sont qualifiés in-extremis, n’ont pas souhaité envoyer leurs meilleurs éléments à Athènes. L’équipe A joue en effet un match décisif en qualifications à la Can et à la Coupe du monde 2006, le 4 septembre prochain, contre la Tunisie. Et Badou Zaki, le sélectionneur national, qui a déjà perdu la finale de la Can 2004 contre les Tunisiens, a convaincu la Fédération royale de football de privilégier cette échéance. Contre l’avis de l’entraîneur olympique, Mustapha Madih, qui a, selon le journal Al Bayane, faillit y perdre son poste. Le Maroc doit pourtant se faire pardonner ses cinq précédentes participations au tournoi olympique. En cinq olympiades, les Lionceaux ne se sont qualifiés qu’à une seule reprise pour le second tour, en 1972. Mais même avec des moyens réduits, Mustapha Madih se montre d’attaque : « Nous voulons présenter un jeu offensif et inscrire autant de buts que nous le pourrons », explique-t-il. « Notre philosophie consiste à attaquer et non à défendre. » Au cours de leur préparation, les Marocains ont enregistré deux matchs nuls face à la Corée du Sud et au Mali, à Rabat. Ils seront opposés dans le groupe D au Costa Rica (12/08), au Portugal (15/08) et à l’Irak (18/08).

Leurs adversaires en qualifications à la Coupe du monde n’ont pas, eux non plus, réussi à intégrer les plus grandes stars de l’équipe nationale. Point de Hatem Trabelsi, le prolifique défenseur de l’Ajax Amsterdam, convoité par les plus grands d’Europe. Aucune trace non plus de l’attaquant Brésilien naturalisé Tunisien du FC Sochaux (France), Francileudo Santos, qui avait pourtant été décisif, cette année, dans la victoire des Aigles de Carthage en Coupe d’Afrique des Nations. A Athènes, la Tunisie sera opposée dans le groupe C à l’Australie (11 août), à l’Argentine (14 août) et à la Serbie-Montenegro (17 août). Lors d’un point presse, les deux entraîneurs de l’équipe olympique, Khémaies Abidi et Nabil Maâloul, ont estimé que les Serbo-montenegrins étaient « à la portée de la Tunisie ». Et que les Australiens, qui « pratiquent un football à l’anglaise », « agressif », seraient « bons à prendre », dans la mesure où leurs joueurs sont « plus vifs ». « Seule l’Argentine va constituer un adversaire difficile à surprendre, avec des joueurs de la valeur de Gonzales et de Saviola », ont-ils conclu.

Le Ghana pour renaître, le Mali pour confirmer

Les Ghanéens souhaiteraient sans doute que le tournoi olympique 2004 soit synonyme pour eux de renaissance. La sélection nationale, qui participe cette année à sa sixième phase finale, a été la première à rapporter une médaille de la compétition, en 1992. Elle était alors en bronze. Depuis, plus rien. C’est pourquoi les « Blacks Meteors » ont reçu le renfort du capitaine de l’équipe nationale, Stephen Appiah, sociétaire de la Juventus de Turin (Italie), et du Lyonnais champion de France Michael Essien. Les Ghanéens, qui ont effectué leur préparation au Portugal, seront confrontés dans le Groupe B à l’Italie (12 août), au Paraguay (15 août) et au Japon (18 août).

La sélection malienne, qui s’est qualifiée pour la première fois au tournoi olympique, portera tous les espoirs de son pays. Le Mali sera en effet représenté à Athènes par 27 sportifs (un record de participation)… dont 22 footballeurs. Pour bien figurer, l’entraîneur Cheikh Oumar Koné a reconduit un effectif pratiquement semblable à celui qui a sorti le Cameroun de Samuel Eto’o, Modeste Mbami, Eric Djemba ou encore Idriss Kameni, le 28 mars dernier. Les Aiglons pourront ainsi compter sur le jeune milieu de terrain du FC Valence, Mohamed Lamine Sissoko (19 ans), ainsi que sur l’attaquant de l’Ismaïlia (Egypte) Dramane Traoré. Les maliens, qui se sont préparés à Turin, avaient un moment pensé recevoir le renfort de l’attaquant de Tottenham, Frédéric Kanouté. Mais ils devront finalement s’en passer. Ils seront opposés dans le Groupe A au Mexique (11 août), à la Grèce (14 août) et à la Corée du Sud (17 août).