Pour la première fois en cinq rencontres, l’équipe nationale congolaise a battu les Bafana-Bafana, la formation sud-africaine. Le dimanche dernier était un jour de liesse populaire dans les rues de Kinshasa, après le match. Pour une fois, les Congolais ont oublié les débats et clivages politiques pour chanter en chœur le nom de Claude Leroy, le nouvel entraîneur. Il faut remonter à la Coupe d’Afrique des nations de 2000 du Burkina Faso pour assister à un tel enthousiasme populaire.


Par Octave Kambale Juakali

Il a fallu attendre la 87e minute du match pour voir toute la ville de Kinshasa se soulever et remuer dans tous les sens. Les Simba venaient de marquer le premier but dans un match très disputé qui opposait, dimanche dernier, l’équipe congolaise aux Bafana-Bafana d’Afrique du Sud, un match qui compte pour la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde de 2006. Le but congolais est d’une importance capitale dans la mesure où, en même temps qu’il libère les Congolais d’une série de cinq défaites successives face aux Bafana-Bafana, il replace la confiance non seulement chez les joueurs mais aussi chez les Congolais en général qui, avec cette victoire, vont devoir reprendre espoir dans leur équipe nationale pour les compétitions internationales. Et, en effet, pour le moment, la RDC se place dans le peloton de tête de son groupe avec, ex-aequo, le Ghana, son prochain adversaire.

Claude Leroy : « D’abord la remise à niveau »

L’homme qui porte tous les espoirs du foot congolais s’appelle Claude Leroy. L’entraîneur français s’est fixé l’objectif de remettre d’abord l’équipe à un niveau de compétition internationale avant de penser à viser la Coupe. La RDC n’a plus jamais gagné la coupe continentale de puis 1974, l’époque glorieuse où les fauves congolais, « Léopards » à l’époque, se sont vu propulser à la Coupe du monde. C’était en Allemagne où l’équipe s’illustra par un Waterloo de 0 à 9 contre la Yougoslavie. Depuis, ce fut la descente aux enfers pendant laquelle, même devenue Simba (lion), l’équipe nationale a multiplié les humiliations, la dernière en date étant sa défaite contre l’équipe du Rwanda, en janvier 2004, en Tunisie. La victoire de dimanche vient à point nommé pour remonter le moral des joueurs et les dédouaner vis-à-vis du public sportif très en colère contre ces Simba qui ne gagnent plus jamais en dépit des efforts financiers soutenus que le gouvernement leur consent.

Convaincre les joueurs de rejoindre les Simba

« Nous pouvons encore accepter que les Simba soient grassement payés quand ils défendent honorablement les couleurs nationales, a déclare Hilaire Mangembo, fonctionnaire. Mais qu’ils soient payés sans plus une seule fois gagner la Coupe africaine, voilà ce que nous ne pouvons pas accepter ». Dimanche dernier, les Simba ont joué sous une tension sociale difficilement supportable. Les médias avaient chauffé le public à blanc avec menace de casses en cas de défaite devant les « arrogants » Bafana-Bafana. Les deux équipes s’étaient déjà rencontrées quatre fois dans des compétitions africaines et chaque fois ce sont les Sud-africains qui l’emportaient. Claude Leroy, recueille bien entendu, toutes les dividendes de cette victoire pour avoir introduit, presqu’en fin de match, le duo Mbala Biscott et Kabamba Musasa, qui a forcé la victoire. Je ne vise pas la coupe africaine pour le moment, a-t-il déclaré. « Je voudrais d’abord que l’équipe puisse acquérir un niveau professionnel des grandes équipes compétitives. La Coupe ne sera qu’une conséquence ». Claude Leroy a quitté Kinshasa, ce mardi, pour l’Europe avec comme mission de convaincre d’autres professionnels congolais évoluant dans d’autres équipes européennes et qui, pour une raison ou une autre, hésitent encore, de venir renforcer l’équipe nationale. La préparation du match contre le Ghana a commencé.