La Fédération malienne de football est en pleine crise à cause des mauvais résultats des Aigles aux qualifications à la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde 2006. Les supporters de l’équipe nationale sont à deux reprises descendus dans la rue pour manifester leur courroux. Ils demandent la démission du bureau fédéral de football.


Par Badara Diouf

Dehors les dirigeants du football malien ! Le raz le bol règne dans l’esprit des supporters de l’équipe nationale de football. Pour des raisons simples : les Aigles sont derniers de leur poule de qualification dans la double phase éliminatoire de la Coupe d’Afrique des nations (Can) et la Coupe du Monde 2006. Actuellement les chances de qualification pour la Can semblent relever du miracle et pour le Mondial de la lointaine illusion. Le mécontentement populaire s’est déjà exprimé à deux reprises, le 15 et le 22 octobre derniers, au cours de deux manifestations où les marcheurs réclamaient la démission du Bureau fédéral de football.

Si le sport roi dans le pays est le foot, les actuelles performances des vices champions d’Afrique 2002 et demi finalistes 2004, sont des plus calamiteuses. Avec cinq défaites lors de ses cinq dernières rencontres, le Mali est bon dernier de sa poule qualificative pour la Can et le prochain Mondial. Les Aigles ne volent pas haut. A la grande colère des supporters qui demandent aujourd’hui des comptes aux responsables du football national. C’est avec le slogan pour le moins explicite de : « Fédération, démissionnez pour insuffisance de résultats et incompétence », que le cortège de manifestants témoignait de sa véhémence.

Bras de fer

Même si une troisième manifestation est bientôt prévue pour imposer des changements à la tête des instances footballistiques du pays, les discours ne semblent pas perturber outre mesure les actuels dirigeants. Le secrétaire général de la Fédération malienne, Yacouba Traoré, venu rencontrer ses détracteurs devant le siège quadrillé par près de 200 policiers au cours de l’une des deux marches, campe sur ses positions. Un discours de fermeté où il souligne à l’assistance qu’elle peut manifester tant qu’elle veut : il ne cédera pas son poste sous la pression populaire. Réaction d’orgueil ? Pas seulement. Car sans doute garde-t-il à l’esprit que seule la Fédération internationale de football (Fifa) est à même de dissoudre le bureau d’une fédération nationale, sous peine de voir le pays purement et simplement interdit de compétition jusqu’à nouvel ordre.

Ce qui n’est pas pour œuvrer dans le sens d’un dialogue qui semble pourtant nécessaire. De 2002 à 2004, l’équipe a nationale a déjà vu défiler cinq entraîneurs : Henry Kasperzak, Christian Dalger, Henry Stambouli, Alain Moizan et le dernier en date Mamadou Kéïta. Preuve flagrante des difficultés pour renouer avec l’image d’un Mali qui gagne. A cela s’ajoute des bilans financiers excessifs, incohérents avec les piètres résultats du onze national. La hausse des salaires des dirigeants et des entraîneurs ainsi que les frais de déplacement des joueurs passent, on l’imagine, assez mal, auprès de la population, peu incline à financer de la sorte des perdants qui sont loin d’être des symboles de fierté nationale. En l’absence de dialogue et de compromis, la seule issue à cette crise du football malien reste la victoire. Une victoire franche et sereine des Aigles au cours de leur prochaine sortie aurait bien de quoi calmer les ardeurs revanchardes des supporters.