Yassine El Ghanassy et Mbark Boussoufa, des Marocains jouant dans la Jupiler League (championnat de D1 Belge), ont été victimes de racisme le week-end dernier. D’autres incidents de ce type ont eu lieu les années précédentes. Un fléau qui ternit l’image du football belge. La Belgique et son voisin hollandais ont déposé une candidature pour les Coupes du monde 2018 et 2022. Pour pouvoir les organiser, il va falloir éradiquer le mal.


Le racisme pollue le football mondial, et de manière plus fréquente l’Italie et la Belgique. Côté belge, on distingue des manifestations de haine aiguë envers les personnes étrangères et notamment africaines, dans le football. Samedi dernier encore, durant la rencontre Lierse – La Gantoise (2-2) comptant pour la 6ème journée du championnat belge, un joueur marocain de la Gantoise, Yassine El Ghanassy, a reçu des insultes racistes par les supporters adverses et une pinte de bière. Des faits de jeu qui ont marqué le joueur. Il semble fatigué de supporter ces insultes durant chaque semaine. « Durant tout le match, j’ai été insulté. Chaque semaine, on me traite de « macaque ». J’essaie de passer outre. Mais je ne peux accepter qu’on me balance des bières ou des briquets à la tête », confie le milieu offensif. Le Marocain a aussi critiqué l’arbitre du match et a mis en garde les autorités belges suite à cet incident : «J’ai parlé à l’arbitre. Il m’a dit de continuer à jouer comme s’il trouvait le comportement de ces gens normal. Je ne veux pas créer de polémique. C’est à l’arbitre de décider de faire ou non un rapport. Mais si on ne prend pas de sanction, ce genre de choses ne disparaîtra jamais ».

Un autre footballeur marocain, Mbark Boussoufa, le joueur d’Anderlecht, a subi le même sort que son compatriote de la Gantoise sur la pelouse de Saint-Trond vendredi dernier. Il a déclaré : « J’ai eu droit à plusieurs remarques racistes. Je ne citerai pas de noms, mais il y avait aussi des joueurs et pas qu’une seule fois ». Une sixième journée donc marquée par des actes de xénophobes pour les Marocains.

Dure réalité belge

Ces deux joueurs sont les ènièmes victimes d’une série qui ternit l’image du football belge. Les plus marquantes sont le Congolais Zola Matumona et l’Américain d’origine nigeriane Oguchi Onyewu.

Zola Matumona a résilié son contrat avec le club du FC Bruges en novembre 2007, car son président Johan Vermeersch a tenu des propos racistes envers lui devant l’ensemble des joueurs et du staff technique. Il lui aurait dit d’arrêter de penser à autre chose « qu’aux arbres et aux bananes » suite aux mauvais résultats de son équipe. L’Américain Oguchi Onyewu, qui était défenseur central au Standard de Liège, a déposé plainte contre son homologue d’Anderlecht Jelle Van Damme pour l’avoir traîté de sale singe à trois reprises le 21 mai 2009 à Anderlecht. En le trainant en justice, Onyewu a voulu frapper un grand coup contre la banalisation de certaines formes de racisme dans le sport professionnel. Son avocat a ajouté que « bon nombre de « petits » joueurs d’origine africaine n’ont pas les épaules assez larges pour agir de la sorte ».

Les autorités belges se montrent absentes et passives face à ce genre d’incidents. Elles ne prennent pas en compte les demandes des joueurs pour sanctionner les supporters et les clubs fautifs. La plupart des footballeurs étrangers sont résignés. L’Union du football belge est appelée à combattre ce mal pour retrouver une certaine crédibilité dans le football européen.

La Belgique et l’Italie sont les plus mauvais élèves sur le plan du racisme dans le football européen. Si les transalpins font des efforts pour s’attaquer au problème, les Belges, eux, paraissent trop concentrés sur leur tensions identitaires pour nettoyer leurs stades. Le fléau du racisme fait écho à un mal profond qui agite le pays qui cherche actuellement son identité, son équilibre entre les Wallons et les Flamands. Une enquête a été réalisée par le quotidien en ligne Lalibre.be en 2009 sur le racisme. Le résultat est sans appel « la Belgique garde des préjugés racistes ».