Niamey a retrouvé le sourire: le football nigérien a retrouvé des couleurs, emmené par une nouvelle direction à la tête de la Fédération. Avec des premiers résultats probants: avec un président surnommé « Pelé », le Mena s’est qualifié pour la CHAN 2011 au Soudan tandis que Moussa Maazou brille à Monaco et que ses clubs affichent enfin des résultats dignes de ce nom.


L’ASFAN qualifiée pour la phase de poules en Coupe de la Confédération, Moussa Maazou qui illumine la Ligue 1 et le Rocher, une sélection qualifiée pour le Championnat d’Afrique des Nations et finale de l’UEMOA… Le football nigérien a le vent en poupe. « Les progrès réalisés sont d’abord dus à la stratégie de développement mise en place par la nouvelle équipe dirigeante de la fédération, à sa détermination et à sa volonté de hisser le niveau de notre football », explique Harouna Doula, le sélectionneur national, sur le site de la CAF.

Des résultats positifs qui satisfont aussi le président de la fédération nigérienne de football, Hamidou Djibrilla Hima. Au micro d’Afrik.com, le boss de la FENIFOOT, affichait son enthousiasme : « Cela fait huit mois qu’un nouveau bureau a été mis en place avec pour objectif de reconstruire le football nigérien », démontrait, pas peu fier des premiers résultats, l’ancien président de l’ASFAN. Djibrilla Hima a ainsi apporté son expertise et son expérience pour redresser une nation qui pointe à une bien pâle 161e place au classement FIFA, à égalité avec le Népal et le Kirghizistan mais derrière le Bangladesh, l’Erythrée ou les Antilles néerlandaises. 44e nation africaine, le Niger fut pourtant pendant un temps « la bête noire des Ivoiriens », selon les mots même du président de la fédé.

Du talent mais un manque de moyens certains

Premier exemple de cette réussite : l’ASFAN, qui a fait chuter les Ivoiriens d’Issia Wazi (2-0, 2-1), les Tunisiens de l’Etoile du Sahel (1-0, 2-1) et les Congolais du DC Motema Pembe (0-0, 1-0) pour décrocher son billet pour la phase de poules de la Coupe de la Confédération. « Nous sommes fiers, aucun club nigérien n’était jamais arrivé à ce niveau », assure le président. « C’est vrai que l’ASFAN poursuit actuellement un parcours sans faute et, au fur et à mesure, ses joueurs s’enrichissent d’expériences nouvelles. Ils découvrent les autres, sans complexe, ce qui est très important, tout en sachant qu’il leur reste encore bien du chemin à parcourir », complète le sélectionneur du Mena.

D’ailleurs, la sélection nationale ne dépareille pas : « Le Niger a relevé un premier défi en nous qualifiant pour la phase finale de la CHAN 2011, en battant notre voisin, le Nigeria. C’est une première satisfaction mais nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin !, » clame ainsi un Hamidou Djibrilla Hima qui sait quand même se montrer réaliste. « Nous ne attendions pas à des résultats aussi rapide, explique-t-il. Nous n’allons pas au Soudan pour l’emporter mais plutôt pour faire bonne figure. On représente notre pays, le Niger : il s’agit de se faire connaître et de poser des bases solides pour la CAN 2014. » Doula, lui, ne dit pas autre chose : « Pour une première sortie dans une compétition d’un tel niveau, nous voulons faire bonne figure, joueur notre jeu, développer notre football et l’étalonner dans la confrontation avec les meilleurs. Nous avons encore à apprendre. Mais que nos adversaires ne comptent pas sur nous pour jouer les utilités, les faire-valoir. Cette époque là est révolue pour le football nigérien. Nous serons en préparation pour les éliminatoires de la CAN 2014, je le répète, notre objectif à moyen terme. »

Maazou, le porte-drapeau

Malgré tout ses bons résultats, doublés par les bonnes prestations de l’étendard du football nigérien, Moussa Maazou, à Monaco, le patron de l’instance dirigeante du football local le sait : il y a encore beaucoup de défis à relever. « Le vrai problème, c’est l’argent. Les sponsors ne suivent pas, il faut arriver à les convaincre, assure-t-il. Prenez nos voisins du Burkina Faso qui ont été obligés d’arrêter un temps le championnat… Nous avons les mêmes problèmes. Si on doit continuer, nous devons trouver environ 160 millions FCFCA pour continuer. L’engouement est là, le niveau aussi. La preuve ? Avec moins de moyens, nous sommes en train de rivaliser avec des nations plus aisées. Notre football local est pénalisé par le manque de moyens. »

Avec des joueurs du calibre du Monégasque Moussa Maazou, le football nigérien peut cependant voir venir. Et le président de la FENIFOOT en sait quelque chose: c’est lui qui, alors président de l’ASFAN, a insisté pour que le futur attaquant du CSKA Moscou, alors jeune et frêle buteur, soit conservé.

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